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mercredi 25 mars 2009

Rencontre des cultures : الشاب نجيم

Il faudra bien un jour que la société française arrive à apprécier sa proximité avec les cultures arabes à sa juste valeur. Qu'on le veuille ou non, cette proximité fait désormais partie intégrante du patrimoine culturel national hérité de l'histoire, de la géographie, des mouvements de population entre les deux rives de la Méditerranée.

En effet, dans un monde mondialisé, la familiarité avec d'autres cultures, très différentes à la base, est un bien précieux, et le cadre strictement européen bien étroit, pour une France traditionnellement monolingue et ethnocentrique.




Illustration de cette proximité, voici un clip à l'eau de rose de Cheb Najim/الشاب نجيم, un bébé franco-algérien de 24 ans. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il est musicalement très bien entouré, sa voix est intéressante, son expérience musicale est déjà immense et il est en passe un jour de renouveler le genre raï. Le côté kitsch de l'imagerie utilisée est particulièrement attachant : tourné dans un Paris de cartes postales, il évoque à s'en amuser tous les standards du comportement amoureux en pays arabe. ريماس الفنان الفنانة




J'ai personnellement éprouvé cette proximité culturelle lors d'un séjour de découverte du travail social et éducatif aux Pays-Bas. Pendant ce séjour, les collègues néerlandais qui nous accueillaient ont amené la petite délégation française que nous formions dans une maison de quartier fréquentée pour l'essentiel par des ressortissants marocains. Les Marocains arrivaient alors en masse aux Pays-Bas, compte tenu de la fermeture progressive des frontières de tous les autres pays européens.

Au bout de quelques minutes à peine, nous nous sommes brusquement trouvés à parler français, échanger, rire, manipulant les mêmes références et les mêmes codes culturels, avec les Marocains présents, pendant que nos accompagnateurs néerlandais, manifestement ahuris, en étaient réduits à observer passivement cette scène de retrouvailles méditerranéennes que visiblement ils n'avaient pas anticipée - et nous non plus. Bref, nous étions sur la même longueur d'onde spontanément, avec des Marocains que pourtant nous n'avions jamais rencontrés, alors que nos amis bataves ne présentaient le visage que de tristes nordiques.

Nous étions ce jour là infiniment plus proches des Marocains que nous ne l'étions de n'importe quel peuple de l'union européenne... à l'exception notable des mes amis belges francophones au moins.