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dimanche 8 décembre 2024

Les meilleures séries de l'automne : Rivals, La Loi de Livia Poet, La Mesias et quelques autres

Hourra : le palmarès de cet automne (qui n'est pas fini !!) est 100% européen ! C'est la première fois. C'est que sans doute il se passe quelque chose dans le monde des médias européens... et qu'il se passe aussi dans le monde des médias américains.

On a le sentiment que les séries américaines rognent toujours leurs mêmes os : drogue, violence, sexe... 

Cette livraison principale est italienne, anglaise, espagnole.

La fine fleur des acteurs anglais s'est donné rendez-vous dans Rivals... Personnages complexes, situations étonnantes, dialogues magnifiques... 

Et même la bande musicale originale est excellente : elle ressemble à celle du White Lotus. Peut-être le même compositeur. On n'a pas trouvé les moyens de le confirmer mais on aime. 

Et avec un zeste de Downton Abbey, et on est comblé.

Rivals a été créée par Disney, qui continue d'investir dans l'excellence. 

La série se passe dans le monde des médias anglais. Et on se doutait que ce monde était impitoyable. Mais on ne savait pas qu'il créait des séries de haute qualité.


Enfin une série italienne : La Legge de Lidia Poët ! Oui, on peut critiquer pas mal de choses, sans entrer dans le détail, mais on peut aussi ne pas bouder son plaisir : magnifiques décors, costumes parfaits, extérieurs somptueusement reconstitués ou numérisés dans le Turin du XIX° siècle et récit historiquement fondé.

La série met en lumière la première avocate italienne, inscrite au barreau de Turin  le 9 août 1883, puis radiée quelques mois après, le procureur du Roi - nous sommes à l'époque en monarchie constitutionnelle - s'y opposant. 

Les inepties misogynes usuelles mille fois entendues au XIX° siècle en Europe sont largement développées dans la série et historiquement documentés. Au moins montre-t-elle quelle était la force des préjugés de l'époque contre les femmes et leur accès aux responsabilités professionnelles et sociales.

Dans la réalité et dans la série, Lidia Poët n'a pu exercer finalement son métier que par procuration, sous le mandat de son frère, avocat lui aussi. Elle ne put accéder au barreau qu'en 1920 : elle avait 65 ans. 

De quoi alimenter quelques belles saisons supplémentaires. Pour l'instant, la série compte 2 saisons de chacune 6 épisodes.

Quant à l'actrice principale, Matilda De Angelis, on sera content de la revoir dans le prochain Dracula de Luc Besson (Dracula: A Love Tale), qui sortira en 2025.


Ooups, quelle série ! Ecriture parfaite, quasiment cinématographique, récit captivant, acteurs excellents et sujet important, autour de l'emprise sectaire mêlant atmosphère pensante et mysticisme revisité 2.0 

De plus, c'est en Catalogne et en partie en catalan, ajoutant une dimension culturelle supplémentaire : la culture dans la culture en quelque sorte, alors que les deux réalisateurs sont bien espagnols.

Ne pas se laisser décourager par les premiers épisodes, le comportement de la mère, personnage principal, étant particulièrement irritant si on a une once d'empathie pour les deux enfants concernés, et que l'on voit grandir avec un certain soulagement au final.

7 épisodes très longs (60 à 77 mn !) permettent de comprendre dans le détail ces trajectoires, et jusqu'au bout. Grand spectacle, qui souligne la force des (bonnes) séries : le souci du détail et de l'explicitation des motifs, le cinéma étant beaucoup plus elliptique par la force des choses.

Javier Ambrossi et Javier Calvo, les deux réalisateurs et scénaristes, sont acteurs à la base, et ils sont encore jeunes : on suivra leur travail car on pourra sans doute y trouver quelques pépites à venir.

La série est produite par Movistar+, la principale chaîne payante d'Espagne et diffusée en France par Arte, qui creuse son sillon comme plate-forme de fiction devenue majeure en France, l'air de rien. La diffusion en France de séries européennes de qualité y aide évidemment.


Après ces trois monuments du moment, quelques autres réalisations peuvent être signalées

Kaos est américaine, produite par Netflix, mais son propos est original : reprendre les personnages et les récits de la mythologie grecque et les assaisonner à la sauce contemporaine. C'est bien réalisé et on y apprend des choses.

Il y manque cependant beaucoup de dieux et on aurait aimé de revoir à l'occasion par exemple Artémis/Diane ou Hermès/Mercure : on attend donc une deuxième saison (au moins !)


Kleo, série allemande, est aussi proposée par Netflix en deux saisons pour l'instant de 7 épisodes. Kleo ressemble à un pastiche d'une série d'espionnage, mais elle fait le lien entre l'avant et l'après chute du mur, ce qui est intéressant en soi. Et on y trouve de féroces remarques sur l'histoire récente de l'Allemagne. 

Le personnage principal, Kleo, espionne formée à l'Est, compose un rôle savoureux, nourrie au communisme, qu'elle tente ensuite de transposer à la société capitaliste de l'ouest, puis de l'ensemble de l'Allemagne. 

Beaucoup de clins d'œil donc, et tant pis pour la crédibilité de l'ensemble. Les germanophones apprécieront aussi les dialogues, entre mots de l'est et de l'ouest... car les deux Allemagne ne parlaient pas tout à fait la même langue...


La mini-série australienne Population 11 mérite l'attention (6 épisodes). Construite autour de l'acteur américain Ben Feldman, elle se trouve dans le Bush australien, autant dire au milieu de nulle part, où les distances se comptent au minimum en centaines de kilomètres. On peut aimer ces territoires totalement ignorés du reste du monde.

Intrigue sophistiquée, situations hilarantes, jeu d'acteur jubilatoire... Elle a été produite par la chaîne payante australienne Stan et elle ne semble pas encore diffusée en Europe, mais elle le sera un jour forcément.

Stan est la même chaîne qui avait produit l'excellente série The Tourist dont on a parlé ici il y a deux années et demi qui a connu depuis une deuxième saison


Enfin, un naufrage, bien français : Philharmonia, série produite par France 2. Le vrai et seul personnage crédible de la mini-série est bien le bâtiment de la Philharmonie de Paris, qui aura très bientôt 10 années : les prises de vue le valorisent bien, et c'est tant mieux.

Pour le reste, rien ne va : intrigue bancale, personnages outrés, dénouement risible... 

Comme souvent, je suis totalement d'accord avec le Monde (Renaud Machart), qui est féroce : Philharmonia procure au moins une consolation : à mesure que les épisodes progressent et que le niveau s’effondre, on s’esclaffe devant ce colossal ratage (qui contamine le jeu de presque tous les acteurs). Au point qu’il ferait prendre le feuilleton Plus belle la vie, sur France 3 ­chaque soir ­depuis quatorze saisons, pour un chef-d’œuvre hautain et ­exigeant. 

On ne pourrait pas mieux écrire.

vendredi 1 mars 2024

Séries de l'hiver : Yellowstone, This is England, The Durrells, The Restaurant et autres

 Que de grands monuments vidéos cet hiver. On s'est régalé !

Yellowstone, la grande saga US de Paramount est enfin visionnée...à l'exception bien sûr du dernier épisode de sa dernière saison (épisode 9, saison 5) que personne n'a encore vu. Il n'est peut-être pas sûr qu'il existe encore d'ailleurs, car il devait être tourné alors que la grève des scénaristes, en mai 2023 faisait rage, laissant en plan pas mal de séries qui ont eu du mal à continuer ou à se terminer.

La grève est finie, mais on ne voit rien arriver. Une brouille professionnelle serait en cause entre Kevin Coster, acteur principal et producteur et le reste de la production. Nous aurions donc ici une série inachevée, comme c'était le cas de certaines symphonies... Pourquoi pas. Et on se rappelle au passage que le divertissement vidéo aux Etat Unis est une vraie industrie, comme toutes les autres.

Entre temps, Yellowstone est devenue une vraie "marque" Paramount avec ses séries dérivées, dont on a parlé ici et son esthétique bien reconnaissable, à base de grands espaces naturels vides filmés en panoramique.

Nous sommes dans le Montana, et de nos jours : il faut le préciser car nous avons affaire à une activité déjà ancienne, dont les derniers représentants occupent la série : l'élevage extensif bovin. Bref, nous sommes dans l'autre pays des cow-boys, le premier étant le Texas. 

Mais un pays extra-ordinaire : l'Etat du Montana compte un million d'habitants sur une superficie de deux tiers de la France. La densité de population y est de moins de 2,5 habitant par km². Mais on y compte 2,5 millions de bovins... Oups, c'est l'Etat le moins dense des Etats Unis après le Wyoming, son voisin, avec lequel il partage le grand parc national du même nom, Yellowstone.

Autrement dit, le Montana est une espèce de conservatoire naturel et humain, tout juste sorti du XIX° siècle, donc du Far West. Voici pour le cadre, survolé d'ailleurs par un hélicoptère siglé du ranch Dutton.

Le récit s'organise autour de la vie d'un ranch XXXL. On parle de 3 200 km² par recoupement, car cette superficie n'est pas mentionnée directement dans la série, soit l'équivalent d'une demie Corse quand même. De quoi aiguiser les envies et les convoitises, et à l'échelle de ce domaine hors du commun.

Tout au long des 47 épisodes (autour de 45 mn, avec des variations jusque 92 mn), on a son compte de fusillades, de meurtres, de vol de bétail, d'intrigues, de règlements de compte... avec quelquefois l'impression de répétition, soulignant les déficiences scénaristiques. Dommage.

La famille Dullon, celle du patriarche incarné par Kevin Costner n'en finit pas non plus de s'entredéchirer - quelquefois même au sens propre... L'hôpital est souvent visité, quoique situé assez loin si on a bien compris. Pas question ici de détailler l'ensemble bien sûr.

On est renseigné aussi avec intérêt le fonctionnement institutionnel de l'Etat, entre Gouverneur, Procureur général et Comté dominé par les éleveurs bovins.

On est aussi intrigué par le fonctionnement de la communauté amérindienne : nous sommes sur territoire Crows. Là aussi, l'histoire de ce peuple n'a pas été vraiment paisible après l'arrivée des européens, comme on s'imagine. 

Mais elle dispose des terres, des prérogatives reconnues par les lois américaines et sa propre gouvernance, que montre de manière détaillée la série. Comme un peu partout aux Etats Unis, les privilèges fiscaux accordés aux premiers habitants leur permettent un certain développement, notamment autour des énormes casinos situés dans les réserves indiennes qui sont de géantes machines à cash. Malheureusement, l'argent ne rachète pas une culture dévastée, avec leurs séquelles sociales et sanitaires. 

Au moins Yellowstone permet il aux spectateur européen de mieux comprendre ce qui se joue là. 

A ce titre, Yellowstone reste une série exceptionnelle malgré ses défauts. On attendra donc son dernier épisode.



Quelle bonne initiative d'Arte de nous proposer This is England, espèce de monument télévisuel de Channel 4, chaîne anglaise publique mais ne bénéficiant d'aucun argent public, et qui s'est distinguée pour des programmes exceptionnels. On citera notamment Black Mirror (quand même !), Humans ou Queer as Folk.

La série This is England est directement issue d'un film de 2006 dont le récit se passe en 1983. Pour les trois saisons de la série, on note le décalage temporel comme suit :

This is England 1986 est diffusé en 2010 (4 épisodes)
This is England 1988  est diffusé en 2011 (3 épisodes)
This is England 1990 est diffusé en 2015 (4 épisodes)

Cela a son importance, car les acteurs suivent la série, et notamment Shaun, le premier personnage, qui a 14 ans dans le film initial. On observe ensuite son parcours tout au long de la série, ce qui donne une vraie force d'attachement à ce personnage, mais aussi à toute la bande qui l'entoure. Parti-pris narratif fort astucieux.

Nous sommes dans le Nord de l'Angleterre. Autant dire dans le cul de fosse de l'économie anglaise, chaque personnage tentant de survivre selon ses propres valeurs, talents, contacts... et sans reconnaissance sociale, sans argent, sans vrai boulot, sans relations dans ce bout du monde dont personne ne peut sortir facilement, forcément.

Et pourtant, ces personnages tiennent debout, Shaun le premier, qui sait se mettre en position d'observateur d'une situation qui devrait le broyer ou le rendre parfaitement imbuvable.

Le tableau d'ensemble est à charge pour les politiques économiques et sociales conduites dans les années 1980 au Royaume Uni... et qui continuent. Vu de France, on ne peut pas vraiment comprendre comment il est possible qu'une minorité de nantis inflige de telles situations à une immense majorité via le parti conservateur.

This is England démontre au final que les hommes et les femmes sont les vraies richesses du pays, mais personne ne s'en rend compte : quel immense gâchis !

Comme série anglaise, la mise en scène et le jeu des acteurs est impeccable, malgré l'immense difficulté à jouer correctement hors de sa classe sociale, les accents étant si discriminants dans l'anglais d'Angleterre.


Au fait, qu'est ce qu'une série anglaise ? Bonne question, car la langue ne suffit pas, puisque tant de pays utilisent l'anglais pour tourner leurs séries, Etats Unis en tête évidemment.

La série The Durrells pourrait peut-être répondre à la question. 

Essayons. D'abord sans doute l'excellence des acteurs - l'Angleterre est le pays natal du théâtre occidental. On retrouve notamment dans The Durrels avec un grand plaisir Josh O'Connor - et pas seulement à cause de son rôle dans The Crown (celui de Charles jeune) et aussi Keeley Hawes, actrice que l'on voit très souvent dans toutes les productions anglaises.

Ensuite, les personnages et les situations sont toujours un peu décalées voire saugrenues : la famille Durrells, bien fauchée, s'est établie dans l'île de Corfou dans années 1930, qui n'est vraiment pas terre bénie pour les anglais, mais elle s'en sort malgré.

Enfin, ces séries exploitent beaucoup le fait tous les Anglais transportent avec eux leur culture nationale : culture hégémoniste, qui s'est greffée sur tant de territoires mondialement, mais qui ne s'est jamais imposée dans les mêmes termes que le colonialisme français, dont le but ultime est toujours l'assimilation des populations dominées, alors que la culture anglaise accepte facilement la coexistence des cultures. D'où un modèle de société interculturelle bien différent, et qui persiste encore de nos jours.

Il reste qu'Arte a eu aussi l'excellente idée aussi de proposer les quatre saisons de la série en même temps. On se régale donc de regarder comment les deux grandes cultures - anglaise et grecque - se frottent, souvent rugueusement, quelquefois de manière conflictuelle, mais toujours intéressante.

Mais, au final, les bruits de bottes de la fin des années 30 finiront par rattraper les Durrells, qui repartiront dans les brumes de leur île : quand la guerre est là, personne ne peut y échapper.


Une autre pépite de l'hiver offerte par Arte : Vår tid är nu (Notre heure est arrivée), retranscrit sous le titre The Restaurant, bien plus plat, et produit par la SVT, télévision publique de Suède, dont les produits sont synonymes de grande qualité.

Trois grandes saisons nous font suivre les hauts et les bas d'un grand restaurant fictif de Stockholm, tout au long de 28 épisodes. La série commence précisément à la fin de la deuxième guerre mondiale, en mai 1945 et se termine en 1968. Autant dire que beaucoup d'eau a coulé sur les nombreuses ponts de la capitale suédoise tout au long de cette fresque familiale, qui épouse bien sûr la petite et la grande histoire.

Une quatrième saison de 4 épisodes revient sur l'histoire du couple principal, en 1951 et conclut la série.

On peut, comme toujours, beaucoup apprécier le souci d'exactitude de ses concepteurs : exactitude des décors intérieurs et extérieurs et des costumes. Mais on peut y ajouter le souci d'exactitude des mentalités et de l'évolution sociale de la société suédoise, alors que s'y construit la social-démocratie, notamment par l'évolution des conditions de travail au Restaurant.

Les personnages et le récit sont également très bien soignés, et les acteurs, dont les principaux sont tous suédois, et on attend de les revoir dans des films ou dans des séries de même acabit.

Une mention particulière sur l'arrivée des Italiens en Suède au cours de la période, et sur leur place dans la société suédoise. Peut être pas forcément un détail, à l'heure où l'Europe se construit, du Sud au Nord.






Pour conclure, mentionnons ces cinq portraits de femme - personnage et actrice - pouvant susciter pas mal d'intérêt :

- Lessons in Chemistry (Apple Video), qui interroge sur le statut de la femme scientifique dans les années 50. Comme toutes les séries par Apple Video, la réalisation est parfaite et les décors bien léchés. L'actrice principale est la Californienne Brie Larson, qui multiplie les apparitions surtout au cinéma, notamment dans l'univers Marvel. Elle est aussi réalisatrice et chanteuse... beau personnage.

- Candy (Hulu/Disney) mini-série inspirée de faits réels, propose le portrait d'une femme au foyer insipide, mais... criminelle, et incarnée par Jessica Biel (épouse Timberlake) : le contre-rôle parfait. La performance d'acteur est à saluer évidemment. Jessica Biel est aussi réalisatrice et productrice. 

- The Dropout (Hulu/Disney) raconte l'étonnante histoire d'Elisabeth Holmes qui a pu lever 700 millions de dollars à 19 ans sur la promesse de pouvoir effectuer rapidement et économiquement des analyses sanguines à partir d'une seul goutte de sang... Rien ne marchait, et tout s'est effondré en 2018. L'actrice principale est Amanda Seyfried, actrice endurcie, qui cumule déjà 23 ans de carrière à 38 ans. Elle est aussi  mannequin et chanteuse.

- Fleabag (Amazon Video) série de deux saisons (12 épisodes) déjà un peu ancienne - elle a été diffusée entre 2016 et 2019 et qui avait eu un certain succès. La série a été produite à l'origine par la BBC, et notamment par la troisième chaîne, qui s'adresse traditionnellement aux adolescents et aux jeunes adultes, et ce n'est pas par hasard. Le principal personnage met en scène une jeune citadine qui rencontre les problèmes de sa génération : travail, famille, vie sentimentale et amicale, mais sur un rythme bien animé, laissant place aussi à des apartés hilarants créant rapidement une complicité avec le spectateur. 

Phoebe Waller-Bridge, la principale actrice, a écrite aussi la série, dont les prix l'ont consacrée comme une des meilleures actrices comiques britanniques.

- Life and Beth (Disney) est comme un pendant américain de Fleabag : on devine un sacré caractère derrière son principal personnage, interprété par Amy Schumer, qui est d'abord humoriste de stand-up aux Etats Unis (ce qui n'est pas rien, dans un pays où le public est impitoyable), puis actrice et scénariste. Une belle palette de talents : Life and Beth témoigne d'une belle vitalité, qui, au passage, montre aussi ce qu'est vraiment le métier d'acteur/actrice, exercice quasi-inédit dans les productions françaises actuelles.

mercredi 19 janvier 2022

Les séries de l'hiver (1) : American Rust, Mytho, Shtisel, Le serviteur du peuple

Cette première sélection de l'hiver est plutôt éclectique, puisqu'elle ne traite que d'une seule série US, à côté d'une série française, israélienne et ukrainienne, et qu'elles sont toutes différentes dans leur genre.

A propos d'American Rust, on ne peut pas penser à Mare of Easttown, citée au printemps 2021 : même ambiance, même type de narration, même genre (thriller), et même secteur géographique : la Pennsylvanie ouvrière, dont fait partie la ceinture de rouille, Belt Rust. La Belt Rust désigne cette énorme région industrielle autour des Grands Lacs, au nord-ouest des Etats Unis. On lui doit son énorme richesse, hélas passée. En effet, nous sommes très éloignés des Etats du soleil qui maintenant attirent tant de capitaux, laissant ailleurs le chômage, le déclin social et économique, les maux de la vie quotidienne.

On n'entrera pas dans les intrigues de la mini-série, à base de drogue cheap, de corruption miteuse et de vraie désespérance. Ce sont bien les personnages, tous tragiques, essayant de survivre dans un environnement si corrosif, qui fascinent. Et du coup, aussi, les magnifiques acteurs qui les incarnent.

C'est peut-être dans cette comédie humaine affligeante, totalement oubliée de la modernité, que l'on trouve peut-être une des clefs essentielles du trumpisme triomphant, qui prépare en ce moment ces futures victoires, réelles comme virtuelles.

C'est là aussi que l'on voit là le plus clairement l'empreinte cynique d'un capitalisme dévastateur, n'ayant laissé qu'un peu de rouille aux populations restées sur place par la force des choses.

American Rust se découpe en neuf épisodes et une deuxième saison n'est pas attendue.  La série est issue d'un roman signé Philipp Meyer, l’un des plus grands auteurs américains contemporains. Ceci peut sans aucun doute expliquer sa grande qualité et sa pertinence dans les Etats Unis d'aujourd'hui.

Mytho est une série produite par Arte pour deux saisons pour l'instant et ce fut un succès tant auprès du public qu'auprès des critiques. Il est largement mérité. 

La performance de l'actrice  Marina Hands et de l'auteur de la série est remarquable : en effet, il n'est pas facile d'intéresser à la vie de tout le monde en banlieue pavillonnaire, entre vie scolaire, vie conjugale et supermarché. 

Le personnage d'Elvira est la clef de voûte de la série : à la fois mère de famille un peu décalée, assaillie par le quotidien, épouse dépréciée et agent d'assurance pourtant plutôt douée mais exploitée. Dans les trois cas, rien ne va plus et tout craque. Les deux saisons détaillent le méga-pétage de plomb.

Marina Hands est sociétaire de la Comédie française : en l'occurrence, cela signifie quelque chose pour la série. Bravo.


Il n'est pas possible de trouver série plus israélienne que Shtisel, côté comédie. Car côté dramatique, on trouve Unorthodox, série dont il a été question en septembre dernier, et dont une actrice, personnage féminin principal dans les deux cas, est partagée entre les deux séries (Shira Haas)

L'ensemble des 33 épisodes, répartis sur trois saisons, tourne autour d'une famille juive ultra-orthodoxe de Jérusalem. 

L'objectif de la série semble être avant tout de rendre sympathique cette population tout à fait spécifique, que l'on trouve d'abord à Jerusalem, mais aussi à New York et dans quelques autres grandes villes européennes. On la reconnaît immédiatement : hommes en habits noirs, avec papillotes - à partir de l'âge de trois ans, tête toujours couverte, et femmes aux talons plats et aux cheveux cachés en totalité, soit par un bonnet ample, soit par une perruque. 

Mais ces caractéristiques ne sont qu'une infime partie visible des interdits et prescriptions religieuses qui règlent la vie entière de ces familles, et jusque dans les moindres détails.

Il est d'ailleurs étonnant que la série ne présente pas plus clairement l'ensemble des interdits en présence. Sans doute à dessein, car il est si rare dans les sociétés occidentales d'avoir affaire à une population aussi soumise en permanence à des rites millénaires que le spectateur moderne peu croyant pourrait évidemment en serait fortement incommodé.

S'agissant d'une comédie, les traits les plus risibles sont accentués : mariages arrangés - d'où des quiproquos, conflits entre générations, conflits entre vie moderne et observance religieuse... 

On sourit aussi facilement quand les personnages - pourtant pieux par définition - mentent effrontément en cherchant en permanence une bonne raison de le faire, évidemment compatible avec les prescriptions religieuses.

La "bulle" ultra-orthodoxe reconstituée par la série protège la narration des problèmes importants d'Israël, notamment l'occupation des territoires palestiniens et la coexistence problématique avec les autres communautés non juives.

On notera quand même au passage le traditionnel et paradoxal anti-sionisme viscéral des ultra-orthodoxes, de même que leur antipathie toute aussi foncière vis à vis des séfarades bien trop libéraux de mœurs - juifs originaires de la méditerranée, par opposition aux ashkénazes, originaires de l'Europe centrale. A chaque communauté ses détracteurs.

Les acteurs - tous excellents - sont israéliens, mais non ultra-orthodoxes évidemment. On retrouvera notamment Michael Aloni dans le personnage principal, un des acteurs les plus connus en Israël, dont le jeu est parfait, entre respect de la tradition et ouverture à la modernité, ce qui correspond d'ailleurs à sa filmographie extrêmement diversifiée.

Shtisel est une série singulière et intéressante, mais à la condition de ne pas oublier que les extrêmes de toute religion confinent vite à la violence, contre les individus et contre les communautés. 

Dans la vraie vie, on essayera par exemple de ne pas traverser en voiture les quartiers orthodoxes un jour du shabbat, sauf à retrouver une pierre sur son pare-brise.


Serviteur du peuple, série diffusée par une des principales chaînes ukrainiennes, est proposée en ce moment par Arte et elle présente une singularité exceptionnelle. 

Non pas pour sa forme, qui est plutôt traditionnelle, et même un peu répétitive au bout des 23 épisodes de la première saison, les autres saisons n'étant pas encore disponibles en France.

C'est que Volodymyr Zelensky, ci-devant acteur et humoriste, principal acteur de la série, est bien devenu entre temps le vrai Président de l'Ukraine en date du 20 mai 2019. Quelle affaire !

Encore mieux : le parti politique qui l'a propulsé à la tête de l'Ukraine a pris le même nom que la série : Слуга народу (Serviteur du peuple).

La première saison de la série raconte l'accession d'un modeste professeur d'histoire à la tête du pays, à la faveur de la corruption et de la médiocrité du personnel politique en place.

Dans la vraie vie,  Volodymyr Zelensky l’a emporté de manière inattendue face au chef de l'État sortant, Petro Porochenko, avec 73,2 % des voix au second tour. élu sur un programme anti-corruption, pro-européen, atlantiste et populiste, tout comme son alter ego fictionnel.

Qu'en penser, alors que la réalité est préfigurée par la fiction ? 

Faut-il considérer que la série, genre désormais et apparemment noble, est capable de prévoir l'avenir avec tant de justesse ? Ou faut-il considérer que la vie politique en Europe soit si avilie qu'un scénario de série puisse lui tenir lieu de programme politique dans la vraie vie ?

Dans les deux cas, l'affaire est un peu effrayante. D'autant qu'une partie du pays est déjà sous domination russe et que la menace armée est parfaitement crédible aux frontières. On ajoutera que la série a été interrompue en Russie après le troisième épisode, ce qui n'est pas anodin bien sûr.

Attention aussi à ceux qui s'intéressent à la politique de l'Europe de l'Est : une fois la série regardée, on est toujours un peu perplexe de voir l'humoriste ukrainien jouer le rôle de Président. J'espère que ses interlocuteurs internationaux, avant de lui parler, peuvent se défaire rapidement de cette représentation un peu risible, car la situation du pays ne l'est pas du tout.

dimanche 2 mai 2021

Les séries du printemps : Deutschland 83-86-89, For all Mankind, The Plot against America, Staged

Le printemps nous apporte quatre séries d'anthologie apportant au public le meilleur des récits contemporains. Chacune, dans son genre, nous place au cœur de la grande histoire de manière originale, crédible et édifiante.

Chacune des saisons de Deutschland porte l'année de leur récit : 1983, 1986 et 1989, cette dernière année étant cruciale pour l'histoire de l'Allemagne. 

La série nous place en RDA, jusqu'à la disparition du pays, absorbé si vite par la République fédérale.

 Autant dire que celui qui s'intéresse à l'histoire allemande contemporaine n'y perd par une miette : espionnage continu et multiforme de l'Ouest par l'Est, discours idéologique marxiste-léniniste omniprésent dans l'espace public, flicage à grande échelle de la population, pusillanimité des dirigeants, complaisance servile vis à vis de l'URSS etc.

Autant de stigmates qui expliquent qu'il n'était pas possible de sauver quoi que ce soit de ce pays factice. Mais sans doute la série nous engage à ne rien oublier, tout en s'interroger sur ce qu'est une démocratie, ici ou là, entre sécurité, égalité et liberté. Sic transit.

On retrouve dans les intrigues et la vie des personnages tous ces ingrédients, servis par d'excellents acteurs. 

Malheureusement, les trois saisons ont été diffusées de manière un peu erratique, aux Etats Unis (réseau Sundance, puis Amazon Prime), en Allemagne (RTL) et sur Canal Plus, mais de manière quasi-confidentielle. C'est dommage : on pourrait espérer qu'une chaîne comme Arte par exemple puisse lui donner un plus large public en France, car elle le mérite. 

Au passage, on n'oubliera pas la fameuse citation de François Mauriac J’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il y en ait deux (Le Temps d’un regard, 1978, Jacques Chancel). La phrase aurait pu être prononcée par un autre François - Mitterrand - qui ne croyait pas trop à la réunification pour sa part. La série y fait une autre réponse, celle de l'histoire.



For all Mankind est une uchronie formidablement intéressante, notamment pour ceux qui sont passionnés de conquête lunaire. La série part d'une réalité tout à fait plausible : les soviétiques sont arrivés sur la Lune avant les américains à la fin des années soixante.

De là, on pouvait craindre une série centrée sur le sentiment national américain blessé, de qui est le cas dans les premiers épisodes. 

Heureusement, le récit prend de la hauteur et il réécrit complètement l'histoire de la conquête lunaire : envoi d'une femme sur la Lune - toujours le fait des soviétiques -, établissement de bases permanentes sur la Lune (une pour les USA, une pour l'URSS), exploitation des ressources lunaires, recrutement d'astronautes femmes, promotion d'ingénieurs femmes qui finissent d'accéder aux postes les plus hauts de la NASA... On peut rêver, non ?

Ce cadre général fournit beaucoup d'histoires et de rebondissements tout au long des deux saisons existantes (10 épisodes par série d'une cinquantaine de minutes), et pourront sans aucun doute produire une troisième, en projet. 

Il permet aussi de laisser passer plus facilement le sentimentalisme familial qui n'échappe jamais à une série US, tout comme le ketchup (Heinz) dégouline dans toute cuisine yankee.

Au Québec, le titre est Pour toute l'humanité, qui est une parfaite traduction : qui doit représenter tout l'humanité dans les étoiles ? Cela ne peut pas être forcément que les Etats-Unis, non ?



Deuxième uchronie de cette sélection : The Plot against America/Le complot contre l'Amérique, adaptation TV du roman de Philip Roth, mais on peut faire confiance à HBO pour produire des contenus télévisuels de bonne qualité, ce qui est le cas.

Cette mini-série de 6 épisodes de 55 minutes mériterait une deuxième saison tant la fin de la première saison est angoissante.

L'argument est simple mais terriblement efficace : Charles Lindbergh - l'aviateur bien connu - remporte l'élection présidentielle de 1940 en battant Roosevelt. Comme militant du mouvement America First Committee - cela rappelle quelque chose de plus récent, il était contre l'implication des Etats Unis dans la deuxième guerre mondiale et germanophile, ce qui à l'époque témoignait de sympathies nazies.

Dans la vraie vie, Lindbergh avait proclamé en public en 1941 : Les trois groupes les plus importants qui ont poussé ce pays-ci à la guerre sont les Britanniques, les Juifs et l'administration Roosevelt

De là, la série décrit les conséquences de l'arrivée d'un tel homme - héros noir - à la Présidence fédérale sur la vie politique et sociale des Etats Unis au travers d'une famille juive, mais aussi bien américaine : persécutions, guerre civile, désordres violents, meurtres politiques, apartheid d'une partie de la population, apparition des "collabos", attaque des institutions politiques en place - cela vous fait penser aussi à quelque chose de plus récent aussi, non ?

On ne peut pas ne pas évoquer les vagues d'intolérance, de racisme, de violence et de délire complotiste que Trump a suscitées pendant son mandat. La fin de la série n'indique pas quel est le vainqueur des élections de 1944 dans cette effrayante réalité parallèle, mais on sait qu'elles seront contestées.

Une série salutaire, providentielle. effarante, en espérant qu'elle ne soit pas prémonitoire de surcroît.


Ouf, beaucoup plus est légère est Staged, série britannique, mais remarquable à plusieurs titres.

Elle est issue du premier confinement du Royaume Uni. Désœuvrés, deux immenses acteurs que sont Michael Sheen et David Tennant décident de jouer leur propre rôle, dans leur propre domicile, avec leur propre famille, en utilisant la visioconférence... et en faisant intervenir d'autres acteurs, dans leur propre rôle.

Nous sommes donc dans un parfait exercice de style, destiné en l'occurrence à la BBC One (On l'aurait parié !), mais à ce niveau, on se laisse embarquer très vite même si le prétexte est mince : préparer la mise en scène de la pièce de Pirandello, Six personnages en quête d'auteur

Tout y passe au cours des deux saisons (14 épisodes au total de 22 minutes) : les reproches voilés mutuels, les petites hypocrisies du métier, les rivalités des deux egos en présence -évidemment immenses- sans oublier le poids du quotidien, essentiel dans une situation de confinement strict.

On rit beaucoup, compte tenu de ce formidable exercice d'autodérision des deux acteurs principaux et de leurs prestigieux invités ou invitées à découvrir.

On connaissait leur talent, bien sûr, mais le mettre au service du public de manière aussi contrainte relève d'une immense compétence professionnelle : divertir intelligemment en s'utilisant soi-même sans lasser ni offusquer. Chapeau bas.

PS : Cadeau bonus pour les anglophones : l'un est gallois (Michael Sheen), l'autre est écossais (David Tennant), les autres sont anglais ou américains... on se régale de tous ces accents.

mercredi 5 octobre 2011

Vraies fausses affiches


Voilà des affiches qui ressemblent à des affiches... de cinéma. Et puis on se met à douter, et on se ravise en détectant la supercherie. 

Ces affiches ont été présentées par le collectif "Même pas peur" cet été au Cinéma le Comoedia de Lyon, salle emblématique de la résistance des cinémas urbains à forte valeur pédagogique ajoutée (par ses conférences, ses expos, ses accueils thématiques) face aux complexes périphériques consuméristes. 


vendredi 2 septembre 2011

Bon appétit




Il y a quelque chose d'enfantin et de merveilleux dans le travail photographique - pourtant très sérieux - des minimiams. On a envie de dire que leur travail, comme pour les enfants, c'est le jeu. Travail que l'on sent ultra-perfectionniste, presque pointilliste. Et puis ils sont drôles, ces petits personnages noyés dans leurs montagnes de crème, leurs océans de bouffe ! Moi, les religieux me font craquer... Bon appétit.

En plus du site internet des Minimiams, ne pas manquer leur blog d'actualité, qui retrace tout leur travail depuis... novembre 2002 !







samedi 21 mai 2011

Diversion : Jesus made in Facebook


OOOuuups ! 13 jours que je n'ai rien posté sur le blog... Il faut dire que ce printemps de folie par son ensoleillement quasi continu depuis... 6 semaines porte peu à s'enfermer. Pour patienter un peu, voici, à titre de diversion, le Facebook de Jesus, qui ravira les amateurs, piqué sur ce site marrant.

Pour mieux voir et pour lire (il y en a beaucoup !), cliquer ici ou sur l'image.




vendredi 15 avril 2011

Images du futur... en chocolat



Ces images naïves du début du XX° siècle ont été éditées par la fabrique de Chocolat Hildebrand à l'attention des petits allemands pour figurer le futur, à savoir l'an 2000. Toujours intéressant, le petit jeu de devinette du futur quand on l'examine rétrospectivement.

On notera une prédominance très nette des divers moyens de transports, et tout particulièrement de ceux qui permettent de se mouvoir en l'air, culture technicienne oblige.

En revanche, il est curieux de constater que si ces images sont censées représenter le futur des techniques, l'évolution de l'habillement, lui, n'a pas été pris en compte, et nos petits personnages sont habillés... comme en 1900. 










mardi 29 mars 2011

Cocotte-minute, le retour


Regardez la bien, cette cocotte-minute. Dans ce message ancien déjà, je m'épanchais en disant tous les regrets que j'avais eus de ne pas l'avoir acheté, ce tableau.

Et bien figurez vous que ses acquéreurs  - mais comment diable sont-ils donc tombés là-dessus ? - m'ont envoyé  ce laconique message tout plein de compatissante ironie entre ses lignes, le 9 mars dernier - petit miracle du quotidien cybernétique :


Le temps d'un échange de courriels, la photo était là. Merci à ces mystérieux amis de goût.

Ainsi ajouterai-je désormais au fronton de mon Panthéon très personnel - et en lettres de feu s'il vous plaît - cette devise : Quand ça fait ding, faut pas hésiter. Qu'on se le dise :-)

PS : Pour la vérité historique, signalons que plusieurs variantes de ce même tableau se trouvaient à la vente à la même époque. Mais quand même, celui-ci a très bien pu être l'ex-futur mien.


vendredi 11 mars 2011

L'homme invisible, le retour


Un message précédent avait présenté les performances de Liu Bolin artiste très officiel de la grande Chine populaire.

Une exposition à Paris est l'occasion de reprendre quelques autres de ses facéties. Qu'en penser ? Métaphore trop évidente de l'effacement de l'individu dans son environnement ou évocation du "Je m'avance masqué" de géant asiatique émergent ? Les deux à la fois, peut-être. Un artiste européen, je crois, aurait en tout cas un mal considérable à se fondre ainsi dans la masse.