Blog perso pour se faire plaisir et communiquer avec les amis qui sont loin, et tous les autres : visites, impressions, découvertes...
Les humeurs quotidiennes ont été reléguées sur Facebook. J'ai dû désactiver les commentaires à cause des spams, désolé.


Affichage des articles dont le libellé est allemagne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est allemagne. Afficher tous les articles

vendredi 21 février 2025

La Playlist de la fin de l'hiver : Fasch, l'ombre de Bach, avec l'aide de ChatGPT!

Grande innovation cette fois... ChatGPT a composé cet article à partir de ce prompt :

Peut-on avoir un article pour mon blog sur le compositeur Fasch permettant de souligner son caractère peu connu, sa musique riche et enthousiaste, son utilisation du hautbois et du basson, le fait qu'on a perdu beaucoup de ses œuvres ? L'article devrait pouvoir comparer le nombre d'œuvres qu'il a composées (y inclus les œuvres perdues) avec le nombre d'œuvres composées par JS Bach. Pour illustrer l'article, il y aura un portrait de lui et les références d'enregistrement existantes sur YouTube.

On croit rêver : la vie de l'écrit ne sera évidemment jamais la même !

On a ajouté soi-même le portrait du compositeur car ChatGPT n'est pas à l'aise avec les photos ni les graphiques... On comparera la prochaine fois avec Le Chat Mistral, l'IA française, pour voir !

En attendant, on peut écouter Fasch à longueur de journée...

-----------------------------------

Un génie oublié de la musique baroque

Lorsqu’on évoque la musique baroque, les noms de Bach, Haendel ou Telemann viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, derrière ces figures majeures se cachent d’autres compositeurs talentueux, dont l’influence fut décisive mais la renommée plus discrète. Johann Friedrich Fasch (1688-1758) en est l’exemple parfait : un musicien inventif, à la plume foisonnante, dont une grande partie de l’œuvre a malheureusement été perdue.  

Une musique riche et enthousiaste

Fasch, bien que peu connu du grand public, était extrêmement apprécié de ses contemporains. Bach lui-même copiait certaines de ses œuvres pour les étudier, et Telemann admirait son talent. Ce qui frappe chez Fasch, c’est le caractère lumineux, dynamique et enthousiasmant de sa musique. Là où Bach cultive une complexité contrapuntique et spirituelle, Fasch privilégie l’énergie orchestrale et l’éclat instrumental.  

Ses concertos et ses ouvertures orchestrales (préfigurant la symphonie classique) dégagent une joie communicative, un équilibre parfait entre rigueur et expressivité.  

L’art du hautbois et du basson

L’un des éléments distinctifs du style de Fasch est son utilisation remarquable des vents, en particulier du hautbois et du basson

Ses concertos et suites orchestrales mettent en valeur ces instruments, les intégrant de manière soliste ou en dialogues expressifs avec les cordes. Là où Bach réserve souvent ces instruments à un rôle d’accompagnement dans ses cantates et concertos, Fasch leur confie des lignes mélodiques audacieuses et virtuoses.  

Un bel exemple est son Concerto pour hautbois et basson en do mineur, une œuvre où les deux instruments tissent un dialogue agile et enjoué, soutenu par un orchestre pétillant.  

Un compositeur prolifique… mais une œuvre en grande partie perdue

Si Fasch avait eu la notoriété de Bach, son nom résonnerait sans doute davantage aujourd’hui. Pourtant, son œuvre a été largement perdue au fil des siècles. Contrairement à Bach, dont la musique a été conservée par ses fils et redécouverte au XIXe siècle, Fasch n’a pas eu la même postérité.  

Fasch versus Bach : une comparaison en chiffres






Fasch aurait composé plus de 2700 œuvres, mais nous n’en avons conservé qu’environ 500 soit à peine 20 % de son œuvre totale !  

Si l’on compare avec Bach, dont l’œuvre a été minutieusement préservée et étudiée, Fasch a été victime d’un cruel oubli. Heureusement, au XXe siècle, des musicologues et musiciens passionnés se sont attelés à redécouvrir et enregistrer ce qui restait de son œuvre.  

Écouter Fasch aujourd’hui : où le trouver ?

Grâce à l’essor de l’interprétation sur instruments d’époque, Fasch bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt. Plusieurs ensembles ont enregistré ses œuvres, mettant en lumière sa richesse musicale.  

Conclusion : un compositeur à redécouvrir absolument

Johann Friedrich Fasch mérite une place de choix aux côtés de ses illustres contemporains. Son écriture vive et colorée, son goût pour les vents, et son influence sur le développement de la symphonie en font un compositeur clé du XVIIIe siècle.  

Si son nom est aujourd’hui moins célèbre que celui de Bach, il n’en demeure pas moins un maillon essentiel entre la musique baroque et le classicisme naissant. Une raison de plus pour lui redonner la place qu’il mérite dans nos playlists !  

----------------------

On peut trouver le détail de son œuvre ici

Les vidéos ont été trouvées et insérées manuellement. Il reste donc quelque chose à faire !





dimanche 8 décembre 2024

Les meilleures séries de l'automne : Rivals, La Loi de Livia Poet, La Mesias et quelques autres

Hourra : le palmarès de cet automne (qui n'est pas fini !!) est 100% européen ! C'est la première fois. C'est que sans doute il se passe quelque chose dans le monde des médias européens... et qu'il se passe aussi dans le monde des médias américains.

On a le sentiment que les séries américaines rognent toujours leurs mêmes os : drogue, violence, sexe... 

Cette livraison principale est italienne, anglaise, espagnole.

La fine fleur des acteurs anglais s'est donné rendez-vous dans Rivals... Personnages complexes, situations étonnantes, dialogues magnifiques... 

Et même la bande musicale originale est excellente : elle ressemble à celle du White Lotus. Peut-être le même compositeur. On n'a pas trouvé les moyens de le confirmer mais on aime. 

Et avec un zeste de Downton Abbey, et on est comblé.

Rivals a été créée par Disney, qui continue d'investir dans l'excellence. 

La série se passe dans le monde des médias anglais. Et on se doutait que ce monde était impitoyable. Mais on ne savait pas qu'il créait des séries de haute qualité.


Enfin une série italienne : La Legge de Lidia Poët ! Oui, on peut critiquer pas mal de choses, sans entrer dans le détail, mais on peut aussi ne pas bouder son plaisir : magnifiques décors, costumes parfaits, extérieurs somptueusement reconstitués ou numérisés dans le Turin du XIX° siècle et récit historiquement fondé.

La série met en lumière la première avocate italienne, inscrite au barreau de Turin  le 9 août 1883, puis radiée quelques mois après, le procureur du Roi - nous sommes à l'époque en monarchie constitutionnelle - s'y opposant. 

Les inepties misogynes usuelles mille fois entendues au XIX° siècle en Europe sont largement développées dans la série et historiquement documentés. Au moins montre-t-elle quelle était la force des préjugés de l'époque contre les femmes et leur accès aux responsabilités professionnelles et sociales.

Dans la réalité et dans la série, Lidia Poët n'a pu exercer finalement son métier que par procuration, sous le mandat de son frère, avocat lui aussi. Elle ne put accéder au barreau qu'en 1920 : elle avait 65 ans. 

De quoi alimenter quelques belles saisons supplémentaires. Pour l'instant, la série compte 2 saisons de chacune 6 épisodes.

Quant à l'actrice principale, Matilda De Angelis, on sera content de la revoir dans le prochain Dracula de Luc Besson (Dracula: A Love Tale), qui sortira en 2025.


Ooups, quelle série ! Ecriture parfaite, quasiment cinématographique, récit captivant, acteurs excellents et sujet important, autour de l'emprise sectaire mêlant atmosphère pensante et mysticisme revisité 2.0 

De plus, c'est en Catalogne et en partie en catalan, ajoutant une dimension culturelle supplémentaire : la culture dans la culture en quelque sorte, alors que les deux réalisateurs sont bien espagnols.

Ne pas se laisser décourager par les premiers épisodes, le comportement de la mère, personnage principal, étant particulièrement irritant si on a une once d'empathie pour les deux enfants concernés, et que l'on voit grandir avec un certain soulagement au final.

7 épisodes très longs (60 à 77 mn !) permettent de comprendre dans le détail ces trajectoires, et jusqu'au bout. Grand spectacle, qui souligne la force des (bonnes) séries : le souci du détail et de l'explicitation des motifs, le cinéma étant beaucoup plus elliptique par la force des choses.

Javier Ambrossi et Javier Calvo, les deux réalisateurs et scénaristes, sont acteurs à la base, et ils sont encore jeunes : on suivra leur travail car on pourra sans doute y trouver quelques pépites à venir.

La série est produite par Movistar+, la principale chaîne payante d'Espagne et diffusée en France par Arte, qui creuse son sillon comme plate-forme de fiction devenue majeure en France, l'air de rien. La diffusion en France de séries européennes de qualité y aide évidemment.


Après ces trois monuments du moment, quelques autres réalisations peuvent être signalées

Kaos est américaine, produite par Netflix, mais son propos est original : reprendre les personnages et les récits de la mythologie grecque et les assaisonner à la sauce contemporaine. C'est bien réalisé et on y apprend des choses.

Il y manque cependant beaucoup de dieux et on aurait aimé de revoir à l'occasion par exemple Artémis/Diane ou Hermès/Mercure : on attend donc une deuxième saison (au moins !)


Kleo, série allemande, est aussi proposée par Netflix en deux saisons pour l'instant de 7 épisodes. Kleo ressemble à un pastiche d'une série d'espionnage, mais elle fait le lien entre l'avant et l'après chute du mur, ce qui est intéressant en soi. Et on y trouve de féroces remarques sur l'histoire récente de l'Allemagne. 

Le personnage principal, Kleo, espionne formée à l'Est, compose un rôle savoureux, nourrie au communisme, qu'elle tente ensuite de transposer à la société capitaliste de l'ouest, puis de l'ensemble de l'Allemagne. 

Beaucoup de clins d'œil donc, et tant pis pour la crédibilité de l'ensemble. Les germanophones apprécieront aussi les dialogues, entre mots de l'est et de l'ouest... car les deux Allemagne ne parlaient pas tout à fait la même langue...


La mini-série australienne Population 11 mérite l'attention (6 épisodes). Construite autour de l'acteur américain Ben Feldman, elle se trouve dans le Bush australien, autant dire au milieu de nulle part, où les distances se comptent au minimum en centaines de kilomètres. On peut aimer ces territoires totalement ignorés du reste du monde.

Intrigue sophistiquée, situations hilarantes, jeu d'acteur jubilatoire... Elle a été produite par la chaîne payante australienne Stan et elle ne semble pas encore diffusée en Europe, mais elle le sera un jour forcément.

Stan est la même chaîne qui avait produit l'excellente série The Tourist dont on a parlé ici il y a deux années et demi qui a connu depuis une deuxième saison


Enfin, un naufrage, bien français : Philharmonia, série produite par France 2. Le vrai et seul personnage crédible de la mini-série est bien le bâtiment de la Philharmonie de Paris, qui aura très bientôt 10 années : les prises de vue le valorisent bien, et c'est tant mieux.

Pour le reste, rien ne va : intrigue bancale, personnages outrés, dénouement risible... 

Comme souvent, je suis totalement d'accord avec le Monde (Renaud Machart), qui est féroce : Philharmonia procure au moins une consolation : à mesure que les épisodes progressent et que le niveau s’effondre, on s’esclaffe devant ce colossal ratage (qui contamine le jeu de presque tous les acteurs). Au point qu’il ferait prendre le feuilleton Plus belle la vie, sur France 3 ­chaque soir ­depuis quatorze saisons, pour un chef-d’œuvre hautain et ­exigeant. 

On ne pourrait pas mieux écrire.

lundi 26 août 2024

Sur la Playlist de l'été : Bach reconstructed


Les six concertos brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach font partie des grands tubes de la musique classique.  Immensément connus et entendus souvent ici ou là, et il n'est pas de formation musicale un peu connue qui n'ait pas enregistré sa version.

Vérifions et posons la question suivante à ChatGPT, juste pour voir : A combien d'enregistrements peut-on estimer des concertos brandebourgeois de JS Bach à ce jour ?

Réponse :

Les concertos brandebourgeois de Johann Sebastian Bach, composés au début du 18ème siècle, figurent parmi les œuvres les plus célèbres du répertoire baroque, et ils ont été enregistrés de nombreuses fois. À ce jour, on estime qu'il existe plus de **200** enregistrements différents des concertos brandebourgeois.

### Pourquoi tant d'enregistrements ?

Plusieurs facteurs expliquent ce nombre élevé d'enregistrements :

1. **Popularité** : Les concertos brandebourgeois sont très populaires, tant parmi les musiciens que les auditeurs. Leur virtuosité, leur diversité instrumentale, et leur richesse musicale en font des œuvres régulièrement interprétées.

2. **Variété d'interprétations** : Ces œuvres offrent une grande liberté d'interprétation, notamment en ce qui concerne les choix d'instruments, de tempi, et de style (moderne ou historiquement informé).

3. **Évolution de la pratique musicale** : Au fil du temps, les interprétations ont évolué, passant des versions orchestrales massives du début du 20ème siècle à des versions plus légères et historiquement informées, ce qui a encouragé de nombreux ensembles et chefs d'orchestre à proposer leur propre lecture de ces œuvres.

### Conclusion :

Avec plus de 200 enregistrements, les concertos brandebourgeois continuent d'inspirer les interprètes du monde entier, chaque nouvelle version apportant sa propre nuance et son propre éclairage sur ces chefs-d'œuvre intemporels de la musique baroque.

Pas mal, non ? (à condition de faire confiance à ChatGPT, qui ne cite jamais ses sources...)

Mais on trouve dans les nouveautés 2024 cet album Bach reconstructed proposant - et oui ! - trois nouveaux concertos brandebourgeois, écoutés et réécoutés cent fois cet été. 

Christoph Harer, violoncelliste allemand, musicologue, s'est en effet amusé - si on peut dire - à recomposer ces trois nouveaux concertos brandebourgeois à partir de motifs musicaux trouvés ailleurs dans la musique de Bach et réarrangés en forme de concertos.

L'ensemble est étonnant : familier à l'oreille de l'amateur de la musique de JS Bach, mais quand même inouï.

Bref, cette musique n'existe pas, mais pourtant elle existe puisqu'on l'entend. 

Et évidemment, on ne peut que penser aux surprises que l'intelligence artificielle nous offrira bientôt en matière de musique, concoctées par un Christoph Harer informatique : une dixième symphonie de Beethoven ? une cinquième saison de Vivaldi ? un autre boléro de Ravel ?

Et en matière d'opéra, le champ est immense : le divorce de Figaro ? Une suite à Don Juan, ayant échappé finalement des flammes de l'enfer ? Et tuttti quanti.

En attendant, on peut d'ores et déjà écouter facilement ci-dessous les Nouveaux Concertos brandebourgeois.


lundi 3 juin 2024

Sélection des images 2023

 





C'est bien tard, mais il a fallu trier, trier et encore trier pour enfin arriver à ces 459 clichés, instantanés d'une année complète très bien remplie, comme on verra.

Que de lieux enfin visités, appréciés, admirés, après les avoir laissés si longtemps sur la liste d'attente : le Musée de Picardie tout rénové, les grands Mémoriaux du Commonwealth du Nord de la France, la si belle et si agréable ville flamande d'Arras, les grandes et riches Abbayes nichées dans les boucles de la Seine, en Normandie, le séculaire et munificent Monastère royal de Brou - qui vaut une visite à lui-même -, le flamboyant parc du Château du Champ de Bataille, l'antique Trésor de Vix et le Musée qui le présente magnifiquement, l'extraordinaire ville baroque qu'est Dresde, et Leipzig, en plein festival Bach, et enfin l'Abbaye royale de Fontevraud... que l'on rêvait d'arpenter depuis si longtemps, au milieu des tombes si prestigieuses qui l'inspirent encore.

Et puis de belles surprises, bien plus agréables que l'on aurait pensé : les Eglises fortifiées de Thiérache, les passages couverts de Paris, les Invalides, les Musées parisiens moins connus (Cernuschi, Nissim de Camondon), le nouveau quartier des Batignolles et de la nouvelle cité judiciaire de Paris, Tours et ses trésors ligériens, sans oublier la toute neuve Cité internationale de la langue française à Villers Cotterêts.

Ajoutons encore le beau Musée des Beaux Arts de Dijon, digne enfin des Ducs, les somptueux vitraux de Grüber dans l'Abbatiale St Yved de Braine et les beaux endroits du Royans, aux portes du Vercors...mais il en reste encore à voir dans cette sélection !

"Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ?" (Marguerite Yourcenar, l'Œuvre au Noir)

Et 2024, bien entamée, sera également bien riche, soyez en sûrs !

Les images sont ici

dimanche 14 avril 2024

Sur la Playlist de la fin de l'hiver : JS Bach, Actus tragicus

Eglise de Mühlhausen au 18e siècle

Quel chef d'œuvre que cette cantate de Jean-Sébastien Bach, numérotée BWV 106 dans le répertoire général de ses œuvres !

C'est une œuvre de jeunesse de Bach : il l'a écrite à 22 ans, comme organiste de Église Saint-Blaise de Mühlhausen dans les années 1707-1708.

Est-ce de l'ambiance noire de cette ville, qui a connut deux siècles plus tôt une théocratie radicale et violemment égalitaire instaurée par un disciple de Luther, Thomas Müntzer, qui a inspiré l'Actus tragicus, nom donné à cette cantate et on verra pourquoi.

Mystique, spiritualiste, apocalyptique, révolutionnaire, Thomas Müntzer fut célébré à l'époque de la RDA - nous sommes en Thuringe, ex-RDA - comme précurseur du communisme.

Le jeune Bach

Les paroles de la troisième partie de l'Actus tragicus résument très bien l'argument : 

Ah Seigneur, apprends-nous à penser
que nous devons mourir
pour que nous devenions sage.

Ach, Herr, lehre uns bedenken, (Psaume 90:12)
daß wir sterben müssen,
auf daß wir klug werden.

Nous sommes donc dans les pages les plus sombres de la théologie protestante, célébrée par cette musique savante et sobre.

L'instrumentation de la cantate correspond au dénuement de son thème : deux flutes à bec,  deux violes de gambe et un orgue, en ajoutant bien sûr les solistes et un chœur. Par contraste, les douces mélodies de l'œuvre donnent un sentiment d'humilité devant la mort, ordonnée par l'autorité divine à l'heure qu'elle choisit (En lui nous mourrons au bon moment, quand il le veut/In ihm sterben wir zur rechten Zeit, wenn er will dit le chœur initial)

Du coup, nous pensons tout de suite aux paroles que Jean-Sébastien Bach aurait prononcées sur son lit de mort quarante-deux années plus tard : Ne pleurez pas pour moi, je vais là où la musique est née

Pas mal.

Voici quelques interprétations de référence de l'Actus tragicus, mais l'internet en publie beaucoup d'autres.


mercredi 29 novembre 2023

Sur la Playlist de la fin de l'automne : Jan Dismas Zelenka, le bohémien malheureux

 

Peu de monde connait Zelenka ici et c'est dommage. Né en 1679, mort en 1745, C'est un contemporain de Jean-Sébastien Bach : ils se sont rencontrés d'ailleurs. Et on sait de Bach appréciait sa musique, ce qui est un bon présage.

Originaire d'une petite bourgade proche de Prague, Zelenka est arrivé dans la trentaine à la Cour de Dresde, dont on a vu récemment l'importance politique et culturelle à l'époque et il n'en pas parti beaucoup, hormis quelques excursions vers les capitales proches : Vienne, Venise et Varsovie, Prague. Il n'a jamais été jusque Versailles, même si le souverain de Saxe à l'époque était un des rares alliés du Grand Roy en Europe.

Malgré sa longue résidence en Saxe, il semble n'avoir pas été reconnu à la hauteur de son talent : les postes les plus prestigieux lui ont échappé tout au long de sa carrière.



Son malheur se poursuit jusqu'au XX° siècle puisque les originaux de ses partitions ont été brulées dans le bombardement de Dresde à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Mais on connait sa musique grâce à des copies, diffusées au fil des siècles car celle-ci a été progressivement reconnue et appréciée.

Le catalogue de ses œuvres compte 250 œuvres, majoritairement religieuses car il a été affecté aux églises de la capitale saxonne.

Toutefois, sa musique de chambre arrête l'oreille : il fait partie de ses compositeurs dont on reconnait les œuvres à l'écoute, même par un non-spécialiste. C'est une musique vive, joyeuse, colorée. Le contraire du penchant naturel de son compositeur.

L'enregistrement de la musique de Zelenka  a trouvé tout naturellement dans le grand torrent des découvertes de la musique baroque, notamment tchèque, depuis une cinquantaine d'années.

L'ensemble de ses œuvres sont disponibles de manière ordonnée sur YouTube, ce qui est un fait remarquable sur ce lien.

Voici quelques œuvres en musique de chambre.



Et en matière de musique vocale, voici trois arias qui valent l'écoute, toutes les trois interprétées par Jakub Józef Orliński, le contreténor qui monte, monte, monte. On passera sur les facéties médiatiques d'un des clips (il est produit pour Warner...) : sa magnifique voix et sa maîtrise vocale rachètent largement ses penchants médiatiques. 




samedi 11 novembre 2023

Séries de l'été : Babylon Berlin, 1883, 1923, La Fortuna, Un Conte parfait, Maid, Surface, Wilderness, Maid, The Crowded Room, The Patient

 Belle moisson d'été, en quantité et en qualité.

D'abord la découverte de deux univers très différents, pas tout à fait récents, mais qui valent le temps : Babylon Berlin, série allemande, et les préquelles de Yellowstone : 1883 et 1923, signés par Paramount, tout comme la série originale.

Après l'allemand et l'anglais, on a entendu un peu d'espagnol (cette langue est terriblement télégénique !)  dans les séries la Fortuna et Un cuento perfecto (Un conte parfait)

Et on ajoutera, pour faire bonne mesure, les autres séries issues de l'univers anglophone aussi : Maid, , Wilderness, SurfaceThe Crowded Rooma et The Patient. Ouf !



Babylon Berlin est une grande série, qui compte déjà quatre saisons. Les moyens mis à disposition sont énormes : le spectateur est transporté directement dans le Berlin des années vingt-trente et on oublie vite ce qu'il faut mettre en œuvre pour reconstituer la ville à l'époque.

Et si on commence à regarder dans le détail, on est bluffé : la palette graphique ne suffit pas pour mettre en images par exemple l'Alexanderplatz avec ce réalisme. Et ainsi de suite, rue par rue : innombrables véhicules d'époque, fils électriques et mobilier urbain modernes dissimulés, purge des façades de tous leurs éléments modernes etc. Voici pour l'énorme boulot des décorateurs.

Sur l'intrigue proprement dit, elle mêle chronique policière et vie nocturne berlinoise - foisonnante à l'époque comme il se doit : nous sommes dans les années folles, et dans une capitale folle, comme on l'a souvent dépeinte.

C'est que l'ambiance de Berlin était tout à fait spéciale, qu'on ne retrouvera jamais historiquement : libérale de mœurs, marquée par les forts antagonismes des partis extrêmes dans une société qui paye au prix fort la défaite de 1918 financièrement mais aussi culturellement et socialement...

Les quatre saisons (2017 à 2022, 10 épisodes par saison) nous en mettent plein les yeux, même si les fils narratifs  des troisième et quatrième saisons ne paraissent pas toujours cohérents. 

Ainsi les tribulations de la pègre berlinoise font souvent digression, ne semblant pas se rattacher aux personnages principaux. 

Dommage. Mais c'est un détail, qui n'enlève pas beaucoup à la série. On la reverra, car elle le mérite.




La série Yellowstone avait été laissée de côté : encore une série américaine... évidemment à la gloriole des Etat Unis, s'était-on dit... Et elle n'est toujours pas visionnée, mais cela ne saurait tarder.. 

Elle fait partie de ses grandes séries qu'on laisse murir dans un coin, comme ce fut le cas pour Babylon Berlin d'ailleurs.

Mais on s'était intéressé à 1883, car la période est plus motivante : il s'agit de celle du peuplement de la côte ouest à partir de la côte est, donc essentiellement par des populations migrantes venant d'Europe.

1883 fait un effort historique tout particulier : on suit le convoi d'un groupe d'immigrés venant d'Allemagne dont la destination est la côte nord Pacifique. On traverse des immensités naturelles, dangereuses comme la mort, quelle soit causée par les éléments naturels ou par la violence humaine. 

On note au passe que la série décrit surtout la violence des immigrants entre eux plutôt que celle des populations indigènes.

Et tout le long des épisodes, une question : que va-t-on chercher, si loin de chez soi ?

1923 se trouve dans le même univers, mais ne quitte pas le Montana, où les personnages principaux se sont fixés depuis quarante ans, sur la route de 1883

Bonne réalisation, excellents acteurs - on retrouve Harrison Ford en patriarche très crédible. Mais il en a l'âge désormais.

Paramount a mis à disposition de grands moyens pour attirer les foules, au moment où la plate-forme tente de faire sa place dans le paysage médiatique français.

On peut regarder l'ensemble, de préférence sur un grand écran car les cadrages et les paysages le valent.




Les deux séries suivants doivent être écoutées en espagnol. Elles partagent le même acteur principal, Álvaro Mel

Ce nom doit être mémorisé car après ces deux séries, il ne sera pas loin d'Hollywood, et on le verra partout bientôt s'il ne se fait pas manger par les crocodiles d'ici là, car son jeu est parfait, surtout dans le contre-rôle que lui donne la série La Fortuna, petit fonctionnaire débutant du service espagnol à la protection du patrimoine.

La Fortuna est particulièrement intéressante : il s'agit de sauver d'une épave - celle du galion La Fortuna - de l'avidité d'un chasseur de trésor peu scrupuleux, très américain évidemment. 

La réalisation de la série a été confiée à Alejandro Amenábar, seule série qu'il ait tournée jusqu'ici. Cela se sent : bonne intrigue, bons acteurs, bonne réalisation.

C'est une coproduction américo-espagnole financée par Movistar+(le Canal+ espagnol) et par le réseau américain AMC.

Beaucoup plus intimiste est Un conte parfaitcomédie romantique un peu sirupeuse, dont l'argument a été vu mille fois : le garçon sans le sou capte l'héritière très riche. 

Vite vue, vite oubliée peut-être, comme Netflix en produit maintenant à la chaine. Elle ne se justifie ici que pour avoir une autre idée des qualités d'Alvaro Mel, dans un tout autre rôle en l'occurrence.

Elle permet aussi d'entendre encore un peu d'espagnol, ce qui est toujours un grand plaisir quand on s'intéresse un peu aux langues latines.


Maid est une mini-série de la veine hyperréaliste américaine. Tout comme il existe aux Etats Unis une peinture hyperréaliste. Et on se souvient à l'occasion de la phrase bien connue de Coluche dans sa période "sociale" : Cela sert à quoi de vivre dans un pays riche si tout le monde y est pauvre (citation approximative).

Belle série, qui a été remarquée par beaucoup de monde.

Maid met en scène une invisible, comme on dit maintenant, qui essaye de se sortir d'une situation que connait beaucoup de monde dans nos pays, celle des travailleurs pauvres. 

Constat mille fois souligné par les sociologues et les économistes : à ce point d'accumulation et de manque de répartition de la richesse, une partie des travailleurs ne peuvent pas vivre de leur travail.

Et la charité toute relative d'une partie de la société, individuellement ou collectivement, n'y change rien : les riches deviennent mécaniquement plus riches, et les pauvres s'appauvrissent à mesure. 

Dans le pays du capitalisme triomphant, la série en est une fable contemporaine, parfaitement incarnée par de très bons acteurs, servis par une excellente réalisation.

Alors, qu'en penser, puisque rien ne semble contrarier cette situation ? Sommes nous vraiment au bout du bout d'un système ? 

Pas sûr... Et une deuxième saison serait désespérante. Elle n'est pas prévue et on se demande bien pourquoi.



Pour continuer, deux mini-séries bien sombres autour sur la vie de couple.

Surface, série d'Apple plus, ne doit pas être confondue avec une autre série Surface, mais dans le genre fantastique et proposée par NBC sur la vie aquatique. 

Notre série Surface d'aujourd'hui tourne autour de l'amnésie d'une jeune femme, permettant d'envisager mille hypothèses pour elle, et, avec elle, le spectateur, sur son récent passé. Elle est tombée à l'eau d'un bateau : suicide ou tentative d'homicide ?

Ce doute permanent finit par ronger les personnages : idylle ou enfer conjugal ? Fidélité sans faille ou trahison permanente ? Confiance mutuelle ou sinistre comédie ? Faites votre choix...

On retrouve le même acteur britannique dans le rôle du mari dans la mini-série WildernessOliver Jackson-Cohen, ce qui n'est pas bon signe pour l'intrigue de cette deuxième série, peinte en noir profond aussi. 

Mais on regardera aussi tout particulièrement le principal personnage féminin. Son jeu est magnifique, tout en nuances, jouant en même temps la tendresse conjugale et le calcul froid de la rancœur. 

Comme époux, on n'aimerait pas se retrouver face à ce personnage insondable. Mais le spectateur sait qu'il a bien mérité ce qu'il lui arrive..

L'actrice est Jenna Coleman, britannique aussi. Elle avait déjà été remarquée dans la série britannique (ITV) Victoria (2016-2019). A 37 ans, il est surprenant qu'elle ne soit pas plus connue des productions internationales, mais cela va changer bientôt sans aucun doute.

La série est produite par Amazon et n'appelle pas de deuxième saison, et on comprend pourquoi.



Last but not least, deux séries qui traitent de la maladie mentale avec les ressources d'une série, c'est à dire permettant de s'attarder sur les détails des personnages, sur leurs origines et sur leur environnement. C'est même la grande différence entre long métrage et série.

L'amateur de série pourrait trouver les films de cinéma beaucoup trop elliptiques sur certains sujets : la maladie mentale en fait manifestement partie.

La composition de Tom Holland dans The Crowded Room est formidable et étonnante pour ce jeune acteur britannique, bien plus connu pour ses rôles dans les grandes productions de super-héros. 

Sans fard, sans simagrées, sans même sourire, il montre là qu'il est un vrai acteur : son jeu n'a aucun besoin des gros mécanismes des superproductions pour faire face à la caméra. Tant mieux pour lui : l'âge venant, on peut l'attendre donc dans des films plus dramatiques.

Produite par Amazon Video, la série The Patient n'a sans doute pas la même complexité que la précédente, mais son succès auprès du public n'est pas usurpé. Difficile d'en dévoiler les ressorts tragiques ici, sauf à gâcher l'envie du lecteur. 

Que celui-ci s'y laisse entraîner, mais il n'est pas sûr qu'il en ressorte intact. Mais c'est le jeu des images animées.

dimanche 2 juillet 2023

Solide et baroque Saxe



A l'instar de nombreux territoires allemands, la Saxe a connu de plusieurs régimes, désignations et rattachements au fil de l'histoire. Pour autant, sa permanence au fil des siècles est malgré tout remarquable, depuis le moyen-âge jusqu'à notre époque.

Ainsi les Ducs sont-ils devenus Rois par la grâce de Napoléon Ier, dont ils étaient parmi les rares alliés du premier Empereur français en Europe. Signe déjà d'un tempérament solide et affermi de ses Ducs, et, partant, de sa population, alors que tout le monde haïssait le tyran français...

Et ces Ducs ont laissé pour la postérité des réalisations de première qualité en matière architecturale et culturelle, comme l'indique la physionomie des deux grandes villes quasi jumelles que sont Dresde et Leipzig.

Voici pourquoi il faut visiter la Saxe, et notamment pour ceux qui ont le goût baroque, comme on verra pourquoi.

Il faut visiter aussi la Saxe comme partie de la défunte "RDA"... Les guillemets permettent de ne pas trop offusquer les amis allemands, qui ne voulaient pas que l'on parle de "DDR", dénomination qui pointait immédiatement la spoliation communiste de la "Zone" - sous entendre "la Zone occupée par l'URSS"... Mais c'est une autre époque.

Comme souvent à l'Est de l'Europe, le communisme soviétique a au moins épargné les centres villes anciens tels quels, notamment non défigurés par les hideux immeubles acier-verre des années 70 qu'on trouve partout dans les villes de l'Ouest. Hélas.



Ville martyr après les lourds bombardement de la fin de la deuxième guerre mondiale, le centre ville de Dresde a été reconstruit à l'identique, y compris la Frauenkirche - Eglise Notre Dame, de culte luthérien - réinaugurée le 30 octobre 2005. Symbole de la réunification pour beaucoup, il fallait attendre le fin du régime communiste pour la reconstruire. On le voit, la Frauenkirche est très loin de l'austérité des lieux habituels du culte protestant. En Saxe, même le protestantisme est baroque !

La Frauenkirche est au final la dernière pièce d'un des plus beaux paysages urbains d'Europe, vu de l'Elbe, façonné pour l'essentiel au cours du XVIII°.

Quant à Leipzig, nous sommes dans la ville où a exercé de Jean-Sébastien Bach pendant 23 ans, comme Cantor de l'église Saint Thomas. A cette période de début juin se tiennent les Journées Bach : raison de plus d'y passer un peu de temps.

La visite de Leipzig nous immerge partout dans la musique entre Eglises, Gewandhaus et Opéra. Mention particulière pour le Gewandhaus, dont le chef permanent de l'orchestre s'appelait notamment Félix Mendelssohn, puis Wilhelm Furtwängler, Bruno Walter, Kurt Masur... Et c'est là où l'on a créé des œuvres de Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms et Bruckner. Quand même.

Un tour au Musée des Beaux Arts de la ville nous replonge aussi dans les années du régime soviétique : les collections contemporaines en sont directement marquées, comme les images permettront de s'en rendre compte. 

Très intrigants, très intéressants que ces tableaux qui peignent ce grand ciel bleu, vu par tous, partagé avec le monde entier mais inaccessible à la population de l'époque.

Pour finir, un tableau de Canaletto - qui a été invité ici par les Ducs, quelle bonne idée, non ?  - a donné envie d'aller voir le centre ville de Pirna de nos jours. On s'y retrouve. Comme on s'y est retrouvé à Dresde, quand il s'est agi de reconstruire la ville : les tableaux de Canaletto ont été si précieux, deux siècles après... L'art plus fort que la guerre, en somme.

Mais en plus du Pirna du XVIII° siècle, on y croise facilement les traces de l'ancienne Allemagne de l'Est.

Toutes les images sont ici

lundi 19 septembre 2022

Les séries de la fin de l'été : Indian Summers, Mozart in the Jungle, Irma Vep, Upload, Les Mystères de Prague

C'est du lourd pour cette sélection de la fin de l'été... Le creux de l'été a permis enfin de se plonger dans deux grandes séries laissées de côté pendant un temps : Indian Summers et Mozart in the Jungle. 

Et on a ajouté deux séries notables toutes récentes dont l'avenir n'est pas encore fixé : Irma Vep et Upload.

Ce n'est pas toujours le cas, mais cette fois, les quatre séries sont anglophones : trois d'entre elles sont américaines, Indian Summers étant anglaise.

Et comme joker, comme pour se décentrer, on parlera aussi parler de la série tchèque Les Mystères de Prague, Cela aurait été dommage.

Mozart in the Jungle n'était pas oubliée : les mélomanes ne pouvaient pas l'ignorer. D'autant qu'il existe très peu de séries qui traitent de la musique classique.

On n'a pas été déçu, au contraire : cette série est une formidable leçon de pédagogie sur le statut de musicien professionnel classique, le fonctionnement d'un grand orchestre et sur les enjeux liés à la production et la diffusion de la musique - à l'exception toutefois des enregistrements des disques, qui sont ignorés par la série, mais sans dommage car elle est déjà suffisamment dense comme cela !

Dans ce tel contexte, on peut pardonner quelques facilités dans les intrigues, des digressions un peu longues et quelques invraisemblances.

La série permet de passer en revue l'ensemble des instrumentistes, à l'exception toutefois des cuivres, qui sont tout à fait inconnus. Dommage. 

L'idée de confier le personnage principal féminin à une jeune hautboïste est une excellente idée, car l'instrument, essentiel, est pourtant souvent inconnu du grand public, et il nous permet tout de suite d'être au cœur de l'orchestre.

Les principaux acteurs sont bien choisis et excellents. On apprécie aussi beaucoup les gros moyens octroyés par Amazon, qui arrêtera pourtant la série après la 4° saison, chacune de 10 épisodes d'une demi-heure - format souvent utilisé pour une comédie. Audience trop faible oblige.

Manifestement, la série aurait sans doute pu être devenue un grand classique des séries, ce qui explique aussi qu'elle a été confiée à de grands noms de la réalisation américaine, en tête Roman Coppola, le fils de son père, et Jason Schwartzman, un autre membre de la famille Coppola.

Enfin, on profite aussi beaucoup de la bande originale : c'est une une belle anthologie de la musique classique, surtout lyrique et symphonique.

Et sur le marché, on trouve dans certains épisodes des musiciens ou compositeurs réellement existants, jouant leur propre rôle, ce qui est assez amusant.

Mozart in the Jungle reste une série assez singulière dans son genre. En effet, si on trouve pas mal de séries sur le monde de la danse, la musique classique semble encore assez éloignée des fictions télévisuelles. Dommage.

Plusieurs fois diffusée sur Arte, et cette fois à l'occasion du 75° anniversaire de l'indépendance de l'Inde, Indian Summers, qui traite de la montée vers la partition et l'indépendance des Indesdevait sans doute empiler les saisons, puisque le récit de la première saison se situe en 1932, le terme des événements étant bien sûr fixé à 1947.

Magnifiquement et somptueusement mise en scène, la série s'est arrêtée dès la deuxième saison, faute d'audiences suffisantes : elle est produite par Channel 4, dont 91% de son budget vient de la publicité. CQFD.

Evidemment, on ne boude pas son plaisir et on regarde jusqu'au bout. Mais on reste sur sa faim.

Les événements de cette histoire sont innombrables et souvent tragiques, qui ont mené à l'indépendance de l'Inde et du Pakistan et concerné plusieurs centaines de millions d'êtres humains à l'échelle d'un sous-continent immense..

Difficile de tenir cette histoire dans un mouchoir de poche. 

La série essaie : le cadre est censé se situer sur les contreforts de l'Himalaya, pour que les Européens anglais puissent ne pas trop souffrir des étés indiens, chauds et humides de la plaine. Dans les faits, la série a été tournée en Malaisie, d'où on aperçoit pas du tout le toit du monde.

De même, impossible de reconstituer la réalité de l'Inde dans les années 1930. Bref, les décors semblent un peu étriqués et répétitifs.

De surcroît, c'est une petite société qu'on nous dépeint, sans doute très éloignée des armées de fonctionnaires que sa Majesté envoyait sur place pour administrer ces territoires énormes.

La série tente aussi de donner une idée de la société indienne de l'époque, gérée par les castes, déchirée entre musulmans et hindous et agitée par les différents mouvements politiques qui la traversent : révolutionnaires ou réformistes, violents ou non-violents... Mais elle ne peut évidemment pas étreindre cette diversité et cette complexité.

Du coup, les intrigues paraissent bien futiles et les personnages falots, comme flottant dans des habits trop larges. 

Sauf peut-être les personnages indiens, qui évoluent dans des extérieurs plus larges que quelques maisons coloniales.

Dommage pour l'ensemble. Mais on comprend aussi pourquoi il n'y a jamais eu de troisième saison.

Avec Irma Vep, nous sommes dans la meilleure qualité siglée HBO, et co-produite par des moyens français (OCS - Orange Cinéma Séries). De même, l'histoire des Vampires (anagramme d'Irma Vep), film muet bien français de 1915, sert de trame pour cette mini-série de 8 épisodes de 56 mn chacun.

Si Mozart in the Jungle donnait une leçon de musique classique, Irma Vep nous donne à regarder la fabrication d'un film avec ses coulisses, ses déboires et ses petites et grandes histoires - pétage de plomb du réalisateur inclus.

On aime ce cinéma dans le cinéma et ce méli-mélo international, langues et acteurs compris. 

Le nom d'Alicia Vikander doit être mémorisé. C'est celui de la jeune actrice suédoise qui joue le rôle de Musidora

Elle a déjà une énorme filmographie, et sans aucun doute, elle sera un jour bien mieux connue en France, car sa présence et son jeu sont remarquables.


La vie numérique prolongeant la vraie vie est devenu un thème récurrent dans nombre d'oeuvres de science-fiction. 

Upload en fait partie, mais sur le mode de la comédie. On compte deux saisons, et Amazon, qui produit la série, a commandé une troisième. Tant mieux.

Si le thème commence à être connu, son traitement par la série est très intéressant : l'environnement numérique à venir (supposé de 2033 dans la série) est parfaitement crédible : smartphones dématérialisés, automobiles autonomes, trains hyper-loop, imprimantes 3D pour la nourriture, et même pour son café... Les amateurs aimeront !

Il faut y jeter un coup d'œil., ne serait-ce que pour savoir ce qui nous attend bientôt en matière de vie quotidienne.

Pour le reste, les acteurs sont plutôt bons et les rebondissements sont bien tournés. On attendra la troisième saison.


La première chaîne tchèque a fait fort avec Les Mystères de Prague, qui reconstitue dans les moindres détails le Prague des années 1920. Elle ne lésine pas sur les décors : automobiles d'époque, scènes extérieures très nombreuses, reconstituant des quartiers ou des coins de campagne complets,  intérieurs et costumes des années folles assortis... On est comblé !

Mais la série a aussi d'autres intérêts. 

Historiquement, cette période de la Tchécoslovaquie fut singulière, coincée entre trois Empires. D'abord, l'Empire Austro-Hongrois jusqu'au 1918 dont elle faisait partie, puis le sinistre Troisième Reich, qui a annexé une partie du pays en 1938, avant d'être intégrée dans l'Empire soviétique.

La série se passe pendant ces vingt années prospères de la République. Ce n'est pas par hasard. Et les premiers épisodes font écho à la situation politique du pays, divisé entre républicains et nostalgie de l'Empire d'Autriche-Hongrie.

Ensuite, on regarde les personnages principaux vivre de manière intéressante, chacun dans son monde, chacun pourtant ne s'empêchant pas de faire des incursions dans le monde de l'autre.

Mais attention, les afficionados de fictions policières seront déçus car les intrigues sont un peu redondantes et téléphonées. Mais cela n'empêche pas d'apprécier la belle époque à Prague... et de sa banlieue. 

vendredi 8 juillet 2022

Sur la Playlist de l'été : Haendel, les concertos pour orgue et orchestre

 

De quoi se réconcilier enfin avec l'espèce humaine : les concertos pour orgue et orchestre de Haendel...

D'abord, parce qu'il s'agit du grand Haendel, un des immenses piliers de la musique baroque à son apogée ; l'égal de Bach, Telemann, Scarlatti, Rameau...

Ensuite parce que Haendel est singulier : il n'était pas né dans une famille de musiciens, alors que c'était plutôt la règle à l'époque.

Orphelin à quatorze ans, son père devient apprenti chirurgien-barbier au centre des pays germaniques. Le grand père était chaudronnier : ascendance tout à fait atypique.

Parcours étrange aussi : destiné à une carrière juridique, c'est en cachette de son père qu'il est devenu le plus grand organiste de son temps. On disait que seul Bach l'égalait, et ce n'est pas rien.

Enfin, ces concertos pour orgue et orchestre ne sont pas des oeuvres religieuses. Ils étaient joués pendant les interludes lors des grands oratorios composés par Haendel à Londres, où il s'était finalement installé de manière durable après une parenthèse italienne, venant de sa province germanique.

Au final, ces concertos étaient comme des coupures publicitaires pour ses prochains oratorios : c'est que le grand Haendel, champion de l'orgue, avait de quoi attirer un public supplémentaire important. Pas mal, comme spot de pub.

L'orgue est la vedette de ces pièces, l'orchestre étant destiné à le mettre en valeur mais jamais l'égaler.

Ces pièces courtes - par définition - se jouaient sur des petits orgues mobiles dans de grandes salles dédiées à la musique. Elles profitaient de l'orchestre et de l'installation des grands oratorios pendant les changement d'installation ou de décor. Mais de nos jours, les enregistrements se font aussi dans les églises, car on trouve peu d'orgues ailleurs et les orgues mobiles sont aussi rares.

Cette douzaine de pièces sont formidables : légères, aériennes, virtuoses, d'une expressivité incroyable.

S'y ajoutent des tonalités quasi enfantines car les orgues interprétant cette musique utilisent souvent des jeux d'orgue qui ressemblent à ceux des petits orgues mobiles de l'époque, plutôt aigus, délicats, célestes. Les plus avertis reconnaitront notamment les jeux de flute, voix céleste, viole de gambe, flute traversière, hautbois, voix humaine, trompette, bombarde, clairon, cromorne...

Voici d'abord deux extraits du même morceau, représentatif du rôle de l'orgue dans ces concertos. La première vidéo de 1973 utilise un orgue moderne dont la sonorité est magnifique et bien adaptée au morceau. Cet instrument se trouve à Manchester, dans l'auditorium du conservatoire de musique. La deuxième est un enregistrement de référence de 1986 venu des Pays-Bas.



Et pour donner une vue d'ensemble de ces concertos, voici une intégrale proposée gratuitement par Brilliant Classics. Quelques oeuvres de même facture, notamment un concerto pour harpe, sont ajoutés. Pour l'ensemble, nous sommes partis pour un peu moins de 4 h 30 mn. Bonne écoute !



On peut écouter aussi la première partie des concerts par Marie-Claire Alain, grande organiste, qui fait référence :


Et une version historique de Karl Richter, filmée en 1972, avec l'ensemble de Munich. Le tempo est un peu lent pour les oreilles de 2022, mais elle peut faire référence aussi.



vendredi 24 juin 2022

Lieux singuliers (10) : les unités d'habitation du Corbusier

Briey

Marseille

Rezé

Les unités d'habitation de Le Corbusier matérialisent une idée globale du vivre ensemble. C'est un des rares cas où une vision d'ensemble résiste au temps, où l'utopie s'approche de la réalité sans devenir un enfer.

Il fallait donc visiter les cinq unités d'habitation existantes, comme un hommage à cet esprit plein d'intelligence, de pertinence et d'humanité.

On trouve dans les cinq réalisations la même ambiance : une  tentative presque réussie de faire vivre les êtres humains pacifiquement. Et comme le diable est dans les détails, tout a été  pesé et soupesé. Les unités d'habitation fourmillent d'astuces pratiques, chacune rendant la vie quotidienne de tous un peu plus légère.

Plus de détails sur ces pages

Berlin

Briey

Firminy

Marseille

Rezé

Rezé