Découverte marrante que cet artiste chinois, Liu Bolin. Exactement ce qu'on aime : humour, astuce, trompe l'oeil et magie toute réaliste.
Pas de site web en activité pour l'artiste, mais beaucoup de pages sur internet, dont celle-ci, assez complète, et un bon relais sur le site de l'agence Chine nouvelle. Ce site d'ailleurs, tout officiel qu'il soit, vaut une visite, car il propose des contenus assez éloignés des stéréotypes sur la République populaire de Chine, notamment en matière artistique. Mais au fait, les Chinois eux-même peuvent-ils le consulter ?
Haïti n'avait vraiment pas besoin de cela : à la violence humaine extrême qui a marqué depuis sa naissance ce pauvre pays s'ajoute depuis le 12 janvier à 16 h 53 mn, heure locale, un des tremblements de terre les plus meurtriers et dévastateurs de l'époque contemporaine.
Un désespoir que ce pays. Mais un désespoir parfaitement explicable et rationalisable. Et pourquoi paraît-il insurmontable depuis que ce pays existe ?
Désespoir rationalisable car on peut en extirper les sordides et toxiques racines : massacre des autochtones caraïbes par les Espagnols, au motif de leur insoumission et de leur refus de travailler pour exploiter les richesses naturelles d'Hispaniola, l'île même où Colomb débarqua le 6 décembre 1492 ; déportation massive d'esclaves d'Afrique par l'abominable commerce triangulaire pour peupler et exploiter l'ïle - qui comptait dix fois plus d'esclaves que de colons à la fin du XVIII° siècle - au bénéfice de la France cette fois ; révoltes d'esclaves, massacres de colons et de métis, qui se termine en 1804 par l'indépendance, phénomène totalement inouï à l'époque, au 1° janvier... puis par le couronnement d'un Empereur (quelle idée !), Jacques 1° le 25 octobre de la même année ; versement à la France de Louis-Philippe, au prix d'immenses efforts, d'une rançon considérable pour que le peuple d'Haïti s'achète le droit à disposer de lui-même...
Et puis au XX° siècle, la suite ininterrompue de dictatures sanglantes ou de gouvernements fantoches instrumentalisés par la puissance régionale proche, devenue entre temps hyperpuissance mondiale. La même qui aujourd'hui largue par hélicoptère des secours aux sinistrés sans discernement, comme dans un pays en guerre.
Rien de très glorieux, pour aucune des ex-puissances coloniales, et tout particulièrement pour la France - Haïti est tout de même resté francophone et son lien historique à la France est plus fort qu'avec aucun autre de ses colonisateurs. Et on sait que le modèle politique français monarcho-élitiste fait d'immenses ravages quand il est plaqué sur les sociétés du tiers-monde, voir plus bas le cynique encadré de la revue Hérodote.
A ce titre, historiquement, les Haïtiens ne sont pas nos lointains cousins misérables de la Caraïbe, ceux qui nous parlent français quand nous avons la chance de visiter New-York, ce sont nos frères, et devraient être considérés comme tels.
Mais la mémoire collective, en France notamment, est lacunaire et sélective : elle préfère valoriser Toussaint Louverture (137 000 mentions dans l'internet français répertorié dans Google) et refouler la vie étonnante de Jean-Jacques Dessalines (1 790 mentions seulement), esclave devenu Jacques 1°, Empereur d'Haïti bien avant un certain Bokassa. Cette vie est résumée sur cette page du site de l'université de Grenoble et vaut largement quelques minutes de lecture.
Enfin, à propos d'Haïti, on pourra saluer la réactivité des contributeurs de Wikipédia. Voici un extrait de l'article Haïti au 21 janvier tôt le matin :
De même, on trouvera d'ores et déjà cet article au sommaire très complet :
Enfin, sur le site historique de référence, Hérodote, ce constat d'actualité qui décoiffe, pour une revue si sage habituellement :
Sans Bach, la théologie serait dépourvue d'objet, la Création fictive, le néant péremptoire. S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu, écrit Cioran dans son petit opuscule Syllogismes de l'amertume (1952). Voilà qui nous ramène, après les cantates - voir la perle musicale numéro 15 d'il y a presque un an - à une autre partie de sa musique sacrée, les messes.
Et tout particulièrement ses messes brèves, découvertes très tôt après mon atterrissage sur la planète "classique", et qui furent en bonne part responsables de mon engouement pour cette musique exceptionnelle, écrite un peu comme le cerveau pense - ou plutôt comme il devrait penser : de manière mesurée, ordonnée, harmonieuse, une idée répondant à l'autre pour la prolonger et l'enrichir tout comme les phrases musicales se déroulent parallèlement les unes aux autres...
Alors, puisqu'il faut choisir, voici rien moins que les quatre glorias des quatres messes brèves. Il semble que cette partie de la liturgie, "à la Gloire de Dieu" ait particulièrement inspiré Bach. Rappelons qu'il s'agit de messes luthériennes, mais très proches de la liturgie catholique. Bach n'était pas à ça près, l'œcuménisme lui allait bien pourvu que la musique s'y retrouve.
D'une part mon interprétation préférée, celle de Philippe Herreweghe, enregistrée en France en juillet 1989 par le label Virgin Classics.
Et pour comparer, d'autre part, les mêmes enregistrés sous la direction de Martin Fläming en 1972, repris dans l'intégrale des oeuvres de Bach publiée par Brilliant Classics.
Le vrai visage de Bach reconstitué par les scientifiques,
Cette photographie du 18 décembre, prise le seul jour où Obama était présent au sommet de Copenhague, arrête le regard. Dans un environnement étonnamment minimaliste compte tenu de la qualité des personnes présentes, voici les grands de l'Europe, manifestement exténués, surplombés par un Obama somme toute plus frais, qui ne les regarde pas, faisant semblant de s'intéresser à ce que le premier Ministre danois tente de leur raconter. Pas vraiment joyeuse, la petite bande, et le sourire crispé de Barroso ne trompe personne.
Loin du strass, des sourires et des sunlights du pouvoir que l'on sert au bon peuple aux journaux de 20 h, cet instantané reflète parfaitement l'un des vrais visages du pouvoir étatique et de la diplomatie réelle : dure, décevante, frustrante, usante, désespérante... Belle image.
L'inauguration, ce lundi, de la plus grande tour du monde, la Burj Khalifa, à Dubaï, est l'occasion de publier sur le blog quelques autres photos vertigineuses, en forme d'hommage à tous ceux qui ont contribué à la construction de ces monstres urbains.
Au péril de leur vie évidemment, car le vertige n'est pas seulement dans la hauteur de ces cathédrales modernes et très séculaires, mais aussi dans l'absence totale de considération pour les risques encourus pour leur construction, avec une mention particulière pour les indiens Mohawks, qui ont fourni une main d'oeuvre aguerrie, robuste, courageuse, pour leur construction. La légende veut qu'ils ne connaissent pas le vertige, et que ce serait la raison de leur présence dans la construction des immeubles de grande hauteur ou de leur recrutement privilégié par la suite pour leur entretien - voir par exemple le roman de Didier Decoin, John l'Enfer.
Il semble qu'il n'en soit rien : les Mohawks ou les Cheyennes, qui ont la même réputation, sont des êtres humains et connaissent le vertige comme tout être humain. La différence est que leur éducation rude et leur culture de guerrier ne leur permet pas de le montrer...
Plus d'images et d'explications sur la construction des gratte-ciels aux USA
Dix centimètres de neige, et tout se désorganise... Les Européens que nous sommes semblent bien douillets et passablement vulnérables, alors que partout ailleurs dans le monde, on sait très bien que la Nature peut être dangereuse, imprévisible, menaçante, in-humaine, au sens littéral du terme.
Mais pourquoi faut-il vouloir nous rendre en toutes circonstances "Maîtres et possesseurs de la Nature", selon le mot de Descartes ? Combien de ravages cet idéal prétendu va-t-il encore continuer de produire ?
Contrairement à ses deux grands ancêtres, Erik Johansson ne dessine ni ne peint. Comme un enfant du XXI° siècle, il travaille la photo numérique, et avec grand talent.
Voici quelques échantillons, où l'on trouvera notamment de forts appels au réalisme magique, ainsi qu'aux univers impossibles, déjà longuement évoqués sur le blog.
On entend souvent en Europe que les américains (comprenez des citoyens des Etats Unis) sont des grands enfants, sans savoir vraiment si c'est un compliment ou un reproche. Ce qui paraît certain, c'est qu'ils ont un certain sens du spectacle, et même une vraie expertise en la matière. Il est quelquefois très surprenant, à leur contact, de constater qu'ils savent à peu près tout sur la production cinématographique US, pourtant volumineuse, et sont capables de citer le moindre acteur ou d'évoquer la carrière du moindre réalisateur.
Ce sens du grand spectacle se retrouve également dans deux attractions touristiques récentes typiques, dont l'évocation même me donne le tournis : le Grand Canyon Sky Walk au dessus du fleuve Colorado, aménagé en 2006, et le Sky Deck de Chicago, ouvert l'été dernier. Les photos sont assez évocatrices... Je laisse le visiteur juge.
On notera que le Sky Walk, est une réalisation de la tribu indienne des Hualapai, située sur leur réserve qui compte quelques milliers de représentants en Arizona autour de la ville de Peach Springs (600 habitants). Comme on l'avait vu pour Foxwoods dans le Connecticut, ce mélange de droit traditionnel et de modernité touristique est très étrange pour l'Européen.
Autun la Romaine et Bibracte la Gauloise sont comme deux soeurs jumelles, aux racines de notre histoire : la ville romaine fut construite de manière splendide pour honorer les Eduens, la puissante tribu gauloise dont la capitale, Bibracte, était toute proche. Puis les deux cultures se sont progressivement fondues en une seule, celle qui porta les cathédrales si haut, bien des siècles plus tard.
D'Autun, on retiendra d'abord les vestiges du formidable amphithéatre qui pouvait dit-on accueillir 20 000 spectateurs, puis une cathédrale sobre, parfaitement équilibrée et splendidement restaurée.
Quant à Bibracte, le site a quelque chose d'exceptionnel. Le panorama du haut du Mont Beuvray n'offre au regard aucun obstacle jusqu'à perte de vue : tout est dominé, tout est visible, toute menace est prévisible... Et les recherches archéologiques continuent. Nous sommes sur un site éminent de la civilisation gauloise, qui enfin commence à être reconnue et étudiée pour elle même.