Blog perso pour se faire plaisir et communiquer avec les amis qui sont loin, et tous les autres : visites, impressions, découvertes...
Les humeurs quotidiennes ont été reléguées sur Facebook. J'ai dû désactiver les commentaires à cause des spams, désolé.


vendredi 7 janvier 2011

Chers amis de la science...



Ouf, il faut avancer la lecture de la Science au présent 2010 avant que nous ne soyons rattrapés par l'édition 2011.

Alors quoi de neuf ces dernières années nous disent les sciences ?

D'abord, la découverte en Allemagne de la plus vieille représentation humaine connue, une statuette féminine de 35 000 ans sculptée dans une dent de mammouth. Pas très sexy, mais évidemment essentielle pour la connaissance des pratiques artistiques préhistoriques. Détail, on a trouvé à côté d'elle une flûte à 5 trous de 21.8 cm en os de vautour. Plutôt cultivés, nos grands ancêtres des cavernes...



Passons sur la découverte des traces du plus ancien vignoble de Bourgogne, à Gevrey Chambertin : il date du 1° siècle après JC, ainsi que sur l'analyse de tous les objets trouvés sur le chantier du tramway de Reims, dont un service complet de plats et couverts en bronze argenté de l'époque romaine. Reims était capitale de la Gaule Belgique, pas étonnant qu'on y ait trouvé de très nombreux vestiges et objets antiques qui feront sans aucun doute un jour prochain l'objet d'une grande exposition.

Merveilles de l'astronomie, qui a observé un objet cosmique dont l'explosion a eu lieu quand l'univers n'avait que 600 millions d'années, son l'âge actuel présumé étant estimé à 13,7 Milliards d'années. Une paille !



Côté paléontologie, l'inévitable "nouveau dinosaure" cette année est un Tianuyalong Confuciusi, peu spectaculaire, une espèce de petit raptor de 70 cm environ, mais qui porte sur le dos des "protoplumes", ce qui permet d'éclaircir la filiation entre les dinosaures et nos petits oiseaux... dont les arrière-grands oncles auraient pu vous dévorer tout cru quand même. De quoi regarder les volatiles qui nous entourent avec beaucoup plus de circonspection à partir de maintenant. Et toujours beaucoup de choses sur les hominidés, champ dans lequel la sience avance à grand pas semble-t-il depuis ces dernières années : les dernières découvertes confortent l'hypothèse d'une origine commune africaine des grands hominidés.

La médecine nous annonce un vaccin contre le paludisme, principale cause de mortalité infantile en Afrique - c'est déjà ça - ainsi que des progrès importants dans le traitement des risques cardio-vasculaires. 

On apprend au passage que, si la consommation de cannabis décroit - une enquête européenne montre qu'un petit tiers des jeunes de 16 ans l'ont expérimenté encore en 2007, ce qui est considérable - de nouvelles drogues font une apparition redoutable, comme le GBL (gamma-butyrolactone) qui à l'origine est un solvant... pour nettoyer les jantes automobiles, particulièrement dangereux quand on l'utilise sur de la matière humaine...


Côté techniques, la recherche avance plutôt vite vers la production de moyens d'éclairage hyper-économes en énergie à des coûts très bas, de même que pour produire de l'hydrogène massivement et à faible coût, ce qui est la source d'une énergie quasi indéfiniment renouvelable, puisqu'elle pourrait être produite à partir de l'eau, même salée... enfin !

Côté mathématique ou physique, désolé, j'ai définitivement perdu pied, et même les articles de vulgarisation sont d'une complexité telle qu'il faudrait des journées entières pour en décortiquer la signification, en remontant de concept en concept, comme on déboîterait des poupées russes...

Voilà, chers amis de la science, bonne nuit !

dimanche 2 janvier 2011

Retour sur 2010 : visite à la La Motte-Tilly


La Motte-Tilly fait partie de ces propriétés que vous croisez pendant de nombreuses années au fil de vos itinéraires. Et, un beau jour, on a un peu plus de temps que d'habitude et on peut enfin s'y arrêter.

On n'y sera pas déçu : aux confins de la Champagne et de l'Ile de France, assez éloigné de Paris pour s'y sentir à la campagne, mais aussi assez proche pour revenir à la Capitale - ou à Versailles - en cas de problème.

Le Château a appartenu depuis sa construction, au milieu du XVIII° siècle, à la même famille de grands serviteurs de la royauté, dont le plus éminent fut contrôleur général des Finances de Louis XV, l'Abbé Joseph Marie Terray. Deux siècles plus tard, sa dernière héritière en fit don à l'Etat en 1974. 

Le Domaine est donc propriété de l'Etat, et il est géré à ce titre par la Caisse nationale des Monuments historiques. 

Belle continuité au travers des siècles, malgré la rupture révolutionnaire : la famille donna ensuite un Préfet à la France, en 1814.

La tempête de 1999 fit des ravages dans le domaine et il fallu replanter quantité d'arbres. Compte tenu de l'origine du nom du chateau, Tilly évoquant le tilleul, le site fut transformé en conservatoire de l'espèce : on y trouvera donc quantité de tilleuls de toutes variétés, qu'il sera intéressant de revenir visiter de temps à autre en juin, pour mesurer leur croissance et recevoir à plein nez le parfum de la fleur, intense et omniprésent dès l'entrée dans le domaine ce 20 juin 2010.

samedi 1 janvier 2011

mercredi 29 décembre 2010

Les femmes qui peignent sont-elles dangereuses (4) : Elisabeth Vigée-Lebrun

Auto-portrait à l'âge de 27 ans
(National Gallery, Londres)

Le message précédent donne le prétexte à poursuivre notre petit cycle "femmes qui peignent" en parlant d'Elisabeth Vigée-Lebrun, redécouverte à l'occasion de la visite du Musée Jacquemard-André, où trône un de ses somptueux portraits de femmes, reproduit et commenté en bas du message.

Elisabeth Vigée-Lebrun n'était bien sûr pas dangereuse, mais elle devait avoir un sacré caractère. Partie de peu de choses - un père modeste pastelliste , mort alors qu'elle avait douze ans, éloignée de sa famille très tôt comme c'était la pratique habituelle des gens habitant en ville à l'époque, elle est arrivée au zénith en peu de temps : portraitiste de la haute noblesse et de la reine Marie-Antoinette elle-même, puis de la cour de Russie, de la grande et courageuse Louise de Prusse ensuite, si peu connue en France, peut-être parce qu'elle combattit Napoléon de toutes ses forces, et enfin, de la noblesse d'Empire, en traversant la Révolution Française, le premier Empire, la Restauration, jusqu'à la monarchie de Juillet. Ouf. 

Elle fait partie de ces personnages qui en ont vu des vertes et des pas mûres, de Louis XV, dont elle a connu les fameuses filles, à Louis-Philippe. Du coeur de l'ancien Régime le plus strict aux prémisses de la Révolution industrielle, ces vies-là ont duré des siècles, dans une accélération de l'histoire phénoménale.

Portrait de Marie-Antoinette d'Autriche
(Château de Versailles)

Madame Molé-Raymond, actrice à la Comédie Italienne
(Musée du Louvre)

On sait par ses autoportraits - elle prenait le temps d'en faire, alors que personne ne les lui commandait évidemment - qu'elle était très belle, mais cela ne suffit certainement pas à expliquer sa fulgurante ascension. Sans aucun doute le talent était là, et il fut reconnu, et vite.

Mais peut-on avoir idée de la somme de préjugés, de méchancetés, de médisances et de mesquineries qu'elle a du rencontrer en chemin de la part de ses bons collègues masculins, que la proximité du pouvoir devait rendre particulièrement hargneux ?

Autoportrait à l'âge de 27 ans également
(Musée Kimbel de Fort Worth, Texas)

Il reste une oeuvre magnifique, des tableaux d'une fraîcheur, d'une finesse et d'un piqué éblouissants. L'art du portrait à l'égal de Quentin de la Tour. On trouve ici le répertoire des tableaux qui se trouvent en France. Les occasions d'aller visiter Elisabeth Vigée-Lebrun ne manquent donc pas.

Catherine Skavronskaia,
Dame d'honneur de Catherine de Russie

Et voici le portrait qui se trouve au Musée Jacquemard-André. Il faut absolument en écouter le commentaire sur l'audioguide du musée, reproduit ci-dessous : il est très éclairant sur la manière dont Vigée-Lebrun pouvait être sacrément... vacharde !


Commentaire du tableau


mardi 21 décembre 2010

Les femmes qui pensent sont-elles dangereuses ?


Après s'être demandé ici si les femmes qui peignent sont dangereuses, quid des femmes qui pensent ?

Le récent film d'Amenabar, Agora, parle enfin d'une des rares femmes de l'antiquité dont la renommée nous soit parvenue, Hypatie/Ὑπατία dite d'Alexandrie, où elle professait. Malheureusement, ses oeuvres ont toutes disparu dans l'incendie de la grande bibliothèque. Nous ne connaissons donc d'elle que ce qui fut rapporté par ses contemporains. Hypatie était une enseignante de grande renommée, férue de sciences exactes - notamment d'astronomie, de philosophie, de littérature et aussi, un peu, de magie...

Cette grande scientifique de l'antiquité tardive est surtout connue pour sa fin tragique, puisque la tradition rapporte qu'elle fut lapidée par ces chrétiens des premiers siècles, qui n'avaient de cesse d'imposer leur religion contre l’idolâtrie des temps anciens. Le fait qu'elle soit une femme n'a pas du non plus beaucoup arranger les choses, dans ces ères de fanatisme et de prosélytisme religieux le plus obscur et intolérant.

Hypatie dispose d'une rue à Athènes, tout près de la place Monastiraki, en contrebas de l'Acropole. In memoriam.


dimanche 19 décembre 2010

Trop généreux, décidément, cet hiver



Photographies prises aujourd'hui vers 11 h 30 : un grand tour en après-ski en guise d'apéro...

samedi 18 décembre 2010

Hiver


Après demain c'est l'hiver... et voici aujourd'hui le deuxième acompte de la saison. Bien payé, cette année !

Noël : le progrès technique à la portée de tous

"[le GPS]... recalcul de l'itinéraire..."

Comme on l'a déjà souligné ici, les cartoons du New Yorker sont souvent adorables, dans un style anodin très reconnaissable et dense.

dimanche 12 décembre 2010

samedi 11 décembre 2010

Plongée dans la caverne

La rue Sainte Catherine à Bordeaux un 24 décembre

Ouf ! Je le fais une fois par an, mais c'est de plus en plus pénible et de plus en plus bref : aller peu avant Noël dans le centre ville commerçant d'une grande ville. Oh bien sûr, pas pour acheter des cadeaux. Des cadeaux, ça s'achète toute l'année durant en prévision, au fil des pérégrinations, ou bien sur internet, où on ne fait pas la queue. Et puis j'ai horreur de faire la queue juste pour qu'on me prenne mon argent pour finir.

Non, on y va en ethnologue, juste pour observer ce que les congénères désirent, achètent, ou ce qu'on leur propose, c'est intéressant en soi. On peut aussi y aller en historien des sciences et des techniques pour mesurer ce que l'industrie est enfin en mesure de produire en masse. Mais il faut en sortir vite, car les reflets de la caverne, au sens de notre bon Platon, épuisent l' esprit.

Aujourd'hui j'en sors effaré, peut-être encore plus que d'habitude. Effaré de la vacuité de l'exercice et de son absurdité : comment donner du sens à ce foutoir consumériste devant lequel la raison reflue ?

Nous sommes tous membres de sociétés extrêmement sophistiquées et intelligentes : on ne peut pas faire comme si Baudrillard, Simondon, Lacan, Foucault, Levinas, Deleuze, Barthes,  n'avaient pas existé. Et pourtant, le sentiment est qu'aucune rationalité n'atteint au final le comportement humain malgré tous ses modèles explicatifs développés au cours du XX° siècle.

Mais peut être faut-il revenir à la première leçon de la philosophie : les idées, les choses et les comportements humains se meuvent dans des sphères différentes dont les relations entre elles restent obscures, chacune obéissant à sa logique propre.

J'ai souvent eu ce sentiment à l'écoute de conférenciers très brillants dont je connaissais par ailleurs l'incapacité à agir ou à se comporter moralement de manière acceptable avec leurs semblables. Voilà aussi pourquoi le premier de la classe n'est pas forcément celui qui peut gouverner les autres.

Voilà aussi peut-être pourquoi l'espèce humaine pille sans vergogne les ressources de la planète, à l'heure où se termine l'énième sommet pour la Terre, à Cancun cette fois, qui a délivré son lot de frustrations et de constats d'impuissance.

Lyon, fête des Lumières 2007